C’est fait ! Les députés de la 8e législature de l’Assemblée Nationale réunis hier jeudi 20 janvier 2022 en séance plénière sous l’autorité du Président Louis Gbèhounou Vlavonou ont adopté à l’unanimité la loi No 2022-04 portant hygiène en République du Bénin.  Il s’agit d’une proposition de loi introduite par les députés Gildas Habib Agonkan et Jérémie Adomahoun.

Selon le rapport présenté par la Commission de l’éducation, la proposition de loi introduite par les députés Gildas Habib Agonkan et Jérémie Adomahoun comprend un dispositif 197 articles, articulés en 05 titres. Il prend en compte et complète les dispositions de la loi de 1987 relative à l’hygiène publique conformément aux réalités et défis actuels de la société béninoise en matière d’hygiène et d’assainissement.  En termes d’avantages, la loi qui vient d’être votée en compte plusieurs notamment relativement au rôle des collectivités décentralisées dans la promotion de l’hygiène, aux questions liées à l’hygiène des bâtiments publics, des établissements des différents ordres d’enseignements, à l’hygiène des établissements sanitaires, des centres de détention, de la gestion des cadavres et de la gestion de l’hygiène menstruelle. Le Bénin disposait d’une loi sur l’hygiène, notamment la loi n°87-015 du 21 septembre 1987 portant code de l’hygiène publique. Mais cette loi est totalement désuète et ne cadre plus avec le contexte actuel caractérisé par l’avènement de plusieurs réformes dont celles de la décentralisation et de la protection  de l’environnement. C’est dans cette optique et compte tenu de l’importance et de la spécificité des problèmes  qui se posent dans le domaine de l’hygiène et de l’assainissement du cadre de vie des populations ainsi que l’utilité de poursuivre l’harmonisation, par l’élaboration dans le secteur de la santé, des règles de base pour la protection et la sécurité sanitaire des populations que la présente proposition de loi a été initiée. En commission comme en plénière, les  députés ont soulevé certaines  préoccupations. Il s’agit de la capacité du Gouvernement à mettre en oeuvre le suivi nécessaire pour le respect de l’hygiène publique par les populations ; des raisons qui expliquent l’utilisation constante des sachets plastiques non biodégradables malgré son interdiction par la loi depuis le 26 décembre 2017; de la justification de l’entrée des sachets plastiques non biodégradables sur le territoire béninois malgré l’interdiction par la loi ;  des raisons qui expliquent le niveau de délabrement et de sous équipement des morgues ; de la nécessité de réglementer le secteur mortuaire ;  des dispositions prises pour une meilleure gestion des cadavres dans les morgues. Outre ces préoccupations, les représentants du peuple ont recommandé de professionnaliser la gestion des morgues pour assainir le secteur ; d’impliquer les producteurs de l’eau en sachet dans l’assainissement des villes ; de revoir la prestation de la Soneb à travers la qualité de l’eau formule à la population pour la consommation.  Au cours de l’examen de cette proposition de loi, les députés ont aussi salué le management du Président Louis Gbèhounou Vlavonou qui a tout fait pour un aboutissement heureux du processus ayant conduit enfin à l’adoption de cette loi majeure pour la République. Le prochain challenge autour duquel le Président Vlavonou a appelé l’attention des députés, c’est la vulgarisation de cette loi après qu’elle a subi tout le processus devant conduire à sa promulgation.

El-Hadj Affissou Anonrin