La Plateforme des acteurs de la Société Civile au Bénin (Pascib) à travers le projet Benkadi en partenariat avec l’Ong Belge Iles de Paix et Obepab a organisé  les 17 et 18 mars 2022, un atelier multi-acteurs  pour réfléchir sur les solutions et prendre position face au défi lié à la désertification et aux changements climatiques reliés  au contexte sous régional, régional, et  mondial. Cette rencontre qui s’est tenue en prélude à la préparation de la participation du Bénin à la Cop15 prévue  à Abidjan en mai et ensuite à Montpellier, a accouché d’une note de position des Osc. Des recommandations ont été formulées à l’endroit des Partenaires Techniques Financiers  et du gouvernement.

Junior fatongninougbo

Cet atelier multi-acteurs de la Plateforme des acteurs de la Société Civile au Bénin (Pascib) à travers le projet Benkadi en collaboration  avec l’Ong Belge Iles de Paix et Obepab entend contribuer à répondre à la question sur la part de l’agroécologie dans les solutions à envisager face aux effets de la désertification et à la perte de la biodiversité. Ces assises ont connu la participation de plusieurs structures dont, des Organisations de la Société Civile travaillant sur les enjeux du changement climatique, d’instituts de recherche, des collectivités locales,  des Ongs de promotion de l’agroécologie au Bénin. Parmi les participants, se trouvent  également, des institutions internationales et directions techniques du Ministère du cadre de vie.  La rencontre de Dassa a donné l’occasion de cristalliser l’attention des acteurs intervenant sur les enjeux du changement climatique et la gestion durable des terres. C’était aussi l’occasion d’engager les acteurs pertinents (chercheurs, universitaires, secteur public, secteur privé, organisations de la société civile, partenaires au développement) aux réflexions sur les meilleures stratégies à promouvoir pour répondre à une problématique majeure. Il s’agit d’apprécier dans quelle mesure l’agroécologie et la gestion durable des terres (Gdt) peuvent être considérées comme solutions pertinentes face à la perte de diversité biologique. Au nombre des communications, les participants ont abordé l’état des lieux de la désertification au Bénin ; les solutions, les stratégies d’adaptation au changement climatique et le renforcement de la gouvernance des systèmes alimentaires. En travaux de groupes, ils ont formulé des recommandations pour meubler leur note de position pour la prochaine Cop15 en Côte d’Ivoire. Les thématiques prises en compte concernent : « Accès au financement », « Accès à la terre et à l’eau », « Accès aux semences et aux intrants organiques », « Accès au marché », « Reconnaissance politique », « La recherche »,  et « Les synergies d’action ».

La satisfaction de tous

A la cérémonie de clôture,  le Directeur de programme pays de l’Ong Iles de paix, Anselme Dabiré a exprimé sa satisfaction quant au déroulement et à la qualité des débats menés au cours de la rencontre de Dassa. « Nous avons  travaillé à la base pour arriver à cette note qui est déjà suffisamment avancée et qui va permettre d’exprimer la position de la société civile du Bénin à la Cop 15 d’abord en Côte-d’Ivoire et en France.  Mon souhait est qu’on puisse repartir désormais avec en tête que nous faisons partie d’une grande famille qui est suffisamment forte et qui va mener un combat avec à ses côtés les populations, le gouvernement béninois pour que la désertification recule au Bénin et que les populations puissent améliorer leur résilience au quotidien. », a-t-il fait savoir.  A sa suite, le président du présidium ayant conduit les travaux, le Professeur  Davo Simplice Vodouhè a salué  l’effort commun qui en quelques heures a conduit à un grand résultat. Ses remerciements ont allés à l’endroit de  la Pascib, de  l’Ong l’Ile de paix et sur du Ministère du cadre de vie qui a accepté d’être aux côtés de la société civile. Pour lui, les résultats issus de la rencontre constituent un début qui doit être valorisé pour une bonne lutte contre la désertification.  Au nom du Ministère du cadre de vie, Mme Maurille Elégbédé a félicité la Pascib à travers son projet Benkadi pour l’initiative. « L’Etat est conscient du fait qu’il ne peut pas atteindre les objectifs pays sans que la société civile, les différentes institutions ne travaillent avec lui  à réussir le pari de faire reculer la désertification,  les  changements climatiques et la biodiversité qui se tiennent en un bloc … Le cadre offert par cet atelier nous permet de repositionner la question de la requête des travaux effectués », a-t-elle indiqué. Elle  compte donc sur la contribution de la société civile pour relever ensemble les défis.  Clôturant les travaux, le Président du Conseil d’Administration de la Pascib, M. Aurélien Atidégla a remercié les organisations présentes pour leur participation active à ces deux jours de travaux.  Il a aussi, salué la représentante du ministre du cadre de vie pour sa contribution au débat de l’atelier et ses avances en terme de main tendue pour que désormais la société civile et l’Etat puissent se donner la main et  mettre en synergie leurs  efforts de manière à ce que tout ce qui se fait dans le domaine de la lutte contre la désertification puisse être visible et cohérent. Pour finir, il a rassuré que la Pascib s’engage avec ses partenaires pour que la suite réservée à la note de position puisse être une réalité.

 

Ils ont dit

 

 Anselme Dabiré, Directeur pays pour l’Ong Iles de paix

« ..La désertification est le grand chapeau. C’est ce qui se voit le plus quand les ressources se raréfient. Elle a des conséquences énormes sur la vie des humains, des animaux, la végétation elle-même et la terre qui se dégrade. Le thème de cette rencontre est une problématique centrale qui tient à cœur à cette plateforme de réflexion  et donner sa position au monde.  C’est une préparation pour la Cop15 qui a quelques étapes : étape de la Côte-d’Ivoire et l’étape de Montpelier par la suite pour que la Société Civile, celle du Bénin  puisse … montrer que la désertification est préoccupante dans le pays  et surtout proposer des axes sur lesquels l’ensemble des acteurs devraient travailler.  Les Osc doivent faire des choses. Elles vont prendre des engagements. La synthèse de leurs engagements sera essentiellement adressée au niveau national, aux acteurs internationaux pour le financement et pour les questions techniques. En termes d’état des lieux, selon les données récentes, le Bénin perd 150.000 ha de terres par an. Ce qui est important, il y a des actions qui ont été menées par le Gouvernement… Que ce soit la population, le gouvernement et les Osc, chacun doit faire quelque chose pour qu’on puisse mettre un frein à cette désertification. »

Aurélien Comlan Atidégla , P/CA/ PasciB

« ..Cette rencontre est importante ….Nous devons nous féliciter au vu de la qualité des participants et de la qualité des débats qui ont été menés.  Nous sommes parvenus à des délibérations qui, ma foi portent à espérer. Ce qui est sûr, on ne va pas s’arrêter à des déclarations. Ces déclarations vont être portées au plus haut niveau et feront l’objet du dialogue avec les autres partenaires au niveau local et avec les Ptfs. Ceci  pour qu’ensemble, nous puissions en dégager un ensemble de recommandations et d’engagements au nom de la société civile, pour contribuer à ce que les recommandations qu’on aura à adopter puissent être mise en œuvre. Ces recommandations s’adressent à la fois à l’Etat, aux organisations internationales, aux agences de coopérations bilatérales et multilatérales, ainsi qu’au secteur privé. »

Sagbo Damien Djodjo Kouton, Chef projet Benkadi Bénin

« Benkadi est une initiative portée par la Pascib pour le compte du Bénin ….Le  projet Benkadi veut agir sur les politiques pour les rendre beaucoup plus efficaces de sorte à renforcer à terme la résilience des communautés, dans chacun des pays.  Au Bénin, au nombre des résultats, escomptés, d’efficacité et d’impacts, nous attendons que la Pascib et ses partenaires à tous les niveaux, fournissent des contributions qui sont prises en compte dans les processus d’identification, d’élaboration, d’exécution, de suivi et d’évaluation des politiques et programme d’adaptation. Comme résultat intermédiaire, il y a  une feuille de route portée par la Pascib et centrée  sur les enjeux actuels d’adaptation basés sur les écosystèmes avec la prise en compte, des communautés à la base pour la mise en œuvre dans un cadre formel et de dialogue de multi acteurs. Cet atelier s’inscrit dans le cadre de processus de réalisation de ce  résultat. Je crois que nous avons atteint les résultats puisque les organisations de la société civile  invitées ont toutes répondu présente à ce rendez-vous.  Nous avons fait de riches débats qui ont abouti à la rédaction d’une note de position qui sera portée au plan régional au rendez-vous de la Côte-d’Ivoire, pour qu’au finish, cela soit porté à la Cop15 attendue à Montpelier. »