Faire le champ comme activité de pérennisation pour appuyer la cantine scolaire. C’est le leitmotiv des communautés de Nonsinan. En trois années de cantine scolaire, le champ scolaire mis en place à l’Ecole primaire publique ‘’Nonsinan’’ dans le premier arrondissement de Parakou, département du Borgou n’a pas connu de recul. Au contraire, il a toujours été bien entretenu par les parents d’élève rompus à la tâche.

Junior F

Du Maïs, du Sorgho, de l’igname et du Soja. Ce sont là les produits vivriers que les parents d’élèves en récoltent chaque année et ceci en quantité suffisante dans le champ scolaire mis en place depuis trois ans pour la pérennisation de la cantine scolaire aux profits de leurs enfants. Tout ceci grâce à un travail bien organisé. ‘’Nonsinan’’ en Dendi veut dire entente. Et c’est cette entente qui règne entre les communautés dont les enfants fréquentent l’Epp ‘’Nonsinan’’. Constitué de 5 villages, les parents d’élèves n’éprouvent aucune peine pour vaquer aux travaux du champ octroyé pour le renforcement des produits vivriers de la cantine scolaire de leur école. Les explications de la chargée du programme Caritas dans le Borgou 2, Stella Sokpon témoignent de ce que tout le monde s’y met. A ses dires, au détour du lancement officiel des cantines scolaire par le Représentant résident du Programme alimentaire mondial (Pam) au Bénin, Ali Ouattara, le mercredi passé, c’est un travail à la chaine qui se fait dans le champ par les communautés.  Organisés en leur sein, du défrichage en passant par le labour et le semis à la récolte dans le champ, les parents viennent travailler de façon rotative. Ceci dit, chacun sait ce qu’il a à faire pour s’assurer de la garantie d’un repas chaud à son enfant chaque jour durant toute l’année scolaire. A noter que la spéculation se fait en fonction du type d’espace cultivable.

De la gestion des vivres récoltées

Une fois la récolte du soja est faite, par exemple, une partie est stockée pour la vente ; l’autre  partie pour la transformation en fromage de soja distribué aux enfants lors de la prise du repas. Le soja étant riche en protéine, cela permet aux enfants d’avoir une alimentation plus équilibrée. Le sorgho est entièrement transformé pour faire de la bouillie aux enfants à 10h avant le manger à midi qui est toujours  le repas chaud que le Pam offre.

Un jardin scolaire déjà en gestation

Comme pour ne pas baisser les bras, pour sa troisième expérience de cantine scolaire, l’école entretient déjà le jardin scolaire dans lequel l’on y retrouve des pépinières de tomate, du piment et bien d’autres produits. Selon le Directeur de l’école primaire publique Nonsinan, Kouagou David, la cantine a joué un rôle crucial pour l’inscription et le maintien des enfants à l’école d’une part, et pour l’amélioration des résultats scolaire dans son école d’autre part. Séduit par l’engagement des communautés pour leur appui franc à la cantine scolaire, la première autorité du Pam au Bénin, Ali Ouattara a félicité les parents d’élèves à qui il a expliqué davantage l’importance de la cantine scolaire non seulement sur le rendu scolaire des enfants, mais aussi son impact positif sur chacun d’eux. Signalons que dans le Bourgou, l’un des défis que Caritas à travers les communautés se déploie à relever, est 583 écoles à cantine, 583 activités de pérennisation. Et à cela s’ajoutent des activités régénératrices de revenus pour encourager les efforts des bonnes dames qui s’occupent des cantines scolaires au grand bonheur des écoliers.