La Commission en charge du contrôle des structures de prestations des soins médicaux  était le vendredi 03 décembre 2021, face à la presse. L’objectif était de faire le point de sa descente dans les structures de prestations des soins médicaux. De la déclaration rendue publique par le Président de la Commission, professeur Blaise Ayivi, des irrégularités ont été malheureusement constatées dans plusieurs structures de prestations des soins médicaux dans plusieurs localités.

Victorin Fassinou

Dans ses investigations de saisines, la Commission en charge du contrôle des structures de prestations des soins médicaux a procédé à l’évaluation du matériel d’ostéosynthèse utilisé en traumatologie dans les  hôpitaux, a démarré le contrôle des laboratoires d’analyses biomédicales et a  évalué l’organisation des consultations externes dans les centres de santé de la ville de Cotonou. Du point fait par le président de la commission, « s’agissant de l’évaluation du matériel d’ostéosynthèse, il est parvenu à la commission que les patients candidats aux opérations d’ostéosynthèse et de la neurochirurgie sont orientés vers des fournisseurs privés qui offrent du matériel de qualité douteuse, très onéreux et entrainant des conséquences fâcheuses de surinfection. Nous avons alors entrepris une étude sur les interventions orthopédiques et de neurochirurgie qui sont réalisées au Chud Ouémé de Porto-Novo, au Cnhu de Cotonou, au Chud Borgou de Parakou et à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta. Les constats montrent qu’il existe réellement un réseau parallèle de vente du matériel d’ostéosynthèse et de neurochirurgie par le personnel en charge des soins au Cnhu de Cotonou, au Chud/Ouémé de Porto-Novo et au Chud /Borgou de Parakou malgré les efforts de mise en place d’un stock de matériels d’ostéosynthèse à la pharmacie de ces hôpitaux ». A cet effet, il a  été recommandé de n’autoriser que certains hôpitaux à pratiquer des interventions avec du matériel d’ostéosynthèse; d’interdire la vente de matériels d’ostéosynthèse  aux malades par des fournisseurs autres que la pharmacie de ces hôpitaux; de mettre en place une procédure d’approvisionnement de ces hôpitaux en matériels d’ostéosynthèse  avec la Société Béninoise d’Approvisionnement en Produits de Santé (Sobaps), pour le stockage et la cession de matériel d’ostéosynthèse aux malades. Pour ce qui concerne le contrôle des laboratoiresd’analyses biomédicales, les dysfonctionnements ont été  identifiés : Aucun laboratoire n’est dirigé par un médecin ou un pharmacien biologiste en dehors de huit (8) sur cent treize (113) laboratoires contrôlés.Les laboratoires des cliniques privées sont en général implantés dans des espaces exigus de moins de 20 m2.Les rapports mensuels d’activités des laboratoires ne sont pas faits.Il n’existe pas souvent des fiches de stock des réactifs ni de fiches de vie pour le suivi des équipements. La température des réfrigérateurs n’est généralement pas suivie pour une conservation adéquate des réactifs. Le calibrage des automates pour la fiabilité des examens réalisés n’est pas mentionné dans un document. L’on retrouve des stagiaires encadrés par des techniciens de niveau licence parfois moins. Dix huit (18) laboratoires présentent d’importants écarts aux normes et seront fermés si ces écarts ne sont pas corrigés rapidement.Il a été soupçonné le payement direct avec compte rendu des résultats dans beaucoup de laboratoires. Aux dires du Président Ayivi, tout n’était pas négatif. Les cliniques d’accouchements eutociques et les Centres de Santé d’arrondissement respectent les normes en ne possédant pas de laboratoire d’analyses biomédicales. Les prélèvements sanguins sont en général faits dans de bonnes conditions.Certains laboratoires sont impliqués dans un programme d’accréditation international ou de prévention des maladies (Cnhu, Chu Mel, Hia, Laboratoire Deo Gracias).Il a été demandé à tous les laboratoires d’analyses biomédicales de corriger leurs écarts par rapport aux normes dans un délai de 3 à 6 mois. De même, il a été recommandé aux autorités de faire appliquer la règlementation en matière de fonctionnement des laboratoires d’analyses biomédicales.

L’autre point évoqué par le président Ayivi, est l’existence encore de  cabinets de soins infirmiers illégaux dans certaines localités. La Commission a été amenée à appuyer la cellule départementale du Borgou/Alibori, en collaboration avec la Direction Départementale de la Santé et la Police Républicaine en vue d’exécuter les actions relatives à la fermeture des cabinets de soins non en règle dans les zones sanitaires de Parakou-Ndali et de Tchaourou. Sur 20 cabinets visités, seuls 2 d’entre eux étaient en règle ; nous en avons fermé huit (8) pendant que dix (10) étaient déjà fermés par les promoteurs. La commission espère  qu’ils auront la bonne foi de se mettre en règle ; dans tous les cas, la veille est maintenue.

Un cabinet de soins, ouvert à Parakou a été épinglé. Ce cabinet continue de faire en outre un trafic de faux médicaments et une escroquerie à grande échelle de la population. A titre d’exemple, le flacon de Sérum Glucosé 500 ml vendu sur le marché entre 600 et 700 francs est vendu aux patients dans ce cabinet à 6.800 Fcfa, le flacon de 250 ml est vendu dans le cabinet à 3.800 Fcfa. A l’entendre, dans les Centres de Santé des grandes villes du Bénin, il est malheureusement constaté une mauvaise organisation des consultations externes qui sont abandonnées par les médecins et délaissées aux Infirmiers et Infirmières ; ces derniers posent souvent des diagnostics non pertinents et prescrivent des traitements inadéquats. Face à ces faits, la Commission a évalué l’organisation des consultations externes dans les principaux Centres de Santé publics de la ville de Cotonou.

Les constats montrent que le nombre de consultations externes et celui des cas d’urgence pris en charge sont en général faibles, ce qui témoigne que ces Centres ne jouent pas véritablement leur rôle de premier niveau des soins et cela s’explique par la non implication formelle des médecins dans la réalisation de cette activité. En effet les médecins abandonnent véritablement les consultations aux infirmiers et aux infirmières qui n’ont pas appris la démarche médicale et qui n’utilisent pas les ordinogrammes de prise en charge des maladies. Dans ces conditions, ils commettent des erreurs de diagnostic assortis très souvent d’un bilan biologique onéreux et inutile et instaurent des traitements inadéquats faits souvent de perfusion et d’antibiotiques.

« Les autorités du ministère de la santé sont actuellement en train de remédier à cette situation en obligeant les infirmiers et infirmières à utiliser les ordinogrammes de prise en charge des maladies pendant les heures de gardes et en affectant des médecins dans les centres de santé des grandes villes grâce au recrutement massif d’agents de santé organisé par le Gouvernement. Ces médecins devront assurer les consultations externes, tous les jours ouvrables de 08 à 13 heures et mieux suivre l’état de santé de leurs patients. », a ajouté le président Ayivi qui invite tous à se faire vacciner aux vaccins anti-covid.

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