Par visioconférence, le ministre de l’Energie du Bénin, Dona Jean-Claude Houssou a pris part aux Sections du 2è Forum des ministres en charge de l’énergie de la Commission de l’Union Africaine (Cua) et de l’Agence Internationale de l’Energie (Aie) qui se sont tenues depuis ce mardi 24 novembre 2020 à Addis-Abeba en Ethiopie. Invité pour exposer sur le cas du Bénin, le ministre a sublimé les participants qui ont reconnu et salué les prouesses réalisées par le gouvernement du président Patrice Talon.  Ce 2è Forum qui s’inscrit dans le cadre de « Comment assurer l’avenir énergétique de l’Afrique au lendemain de la Covid-19 afin de favoriser une reprise rapide en renforçant l’investissement, l’innovation et les partenariats » a connu la participation de plus de 140 participants notamment des ministres africains dont celui du Sénégal, de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, du Maroc etc …;  de plusieurs partenaires dont la Commission de l’Union Européenne, le Japon, les cadres de l’Aie et de son Directeur Exécutif, Fatih Birol. Pour ce qui est de la Section 1, les participants étaient appelés à réfléchir sur comment trouver les voies et moyens pour progresser en période d’incertitudes afin d’instaurer une reprise durable surtout, pendant la période post Covid-19. Le ministre béninois de l’énergie n’a pas manqué de proposer des solutions pertinentes.

« Challenge de l’électrification de l’Afrique », le cas du Bénin fait école

Pour la Section 2 de ce 2è Forum articulée autour du thème « Combler le déficit de financement et d’investissement : priorités, innovations et modalités d’une coopération multilatérale renforcée. Observations et conclusions », le Bénin a eu l’insigne honneur d’exposer ses prouesses réalisées en 4 ans et qui forcent l’admiration. Il revient au ministre Dona Jean-Claude Houssou de tenir en haleine les participants sidérés par les réformes entreprises par le Bénin dans le secteur de l’énergie électrique.  «  La situation Covid-19 nous rappelle plus que jamais l’obligation de développer, de fiabiliser et de viabiliser le secteur de l’énergie.  Puisque c’est le socle du développement socio-économique de tout pays pour une meilleure résilience de nos économies avec une meilleure capacité à faire face à des situations aussi surprenantes et difficiles comme la pandémie de la Covid. Et pour mieux faire face à cela, il faut qu’on soit bien armé et qu’on ait une solidité des fondamentaux. La disponibilité énergétique en fait partie. Pour ce qui concerne le Bénin, à l’avènement du nouveau gouvernement en 2016, nous étions face à une situation récurrente de crise énergétique à travers des délestages de long terme, des coupures à n’en plus finir. 95% de notre énergie électrique était importée de l’étranger. Ce qui est fondamental et faisait défaut, c’est l’absence de cadre réglementaire digne de ce nom et qui n’était pas forcément attractif, qui ne sécurisait pas les investisseurs privés. Donc à partir de là, il y a une volonté gouvernementale forte, notamment du président Patrice Talon pour faire en sorte que ce secteur devienne une priorité du Programme d’Actions du Gouvernement (Pag) avec quatre projets phares. Il s’agit de moderniser et d’étendre la production en énergie électrique locale; de développer les énergies renouvelables ; de restructurer la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) qui est le distributeur national et enfin, de garantir l’efficacité énergétique.  Alors, le gouvernement a mis en place des réformes conséquentes qui sont  incontournables pour attirer des promoteurs, des investisseurs et surtout privés. Nous avons mis en place un certain nombre de réformes en commençant par la loi sur le partenariat public-privé (loi Pp), sur le code d’électricité (puisque le précédent datait de 15 ans et ne répondait plus aux enjeux actuels et futurs), sur le code un accent particulier a été mis sur les énergies renouvelables, etc. Nous avons généralisé les compteurs prépayés dans l’administration publique pour faire en sorte que la partie financière de la société de distribution soit améliorée. Ce qui a amené à mettre en place un nouveau plan tarifaire pour mieux viabiliser ce secteur. Nous avons également mis en place des actions pour encourager la prise en compte de la dimension genre pour un développement inclusif afin qu’on ne laisse personne de côté pour cette révolution énergétique que nous avons engagée », a-t-il déclaré.

Des résultats probants qui affolent les compteurs

« En l’espace de trois ans, ces réformes ont permis d’obtenir un taux d’autonomie énergétique qui est passée de 0 à 60% sur la production nationale d’électricité avec la construction d’une centrale de 127 Mw en dual fuel. Nous avons réhabilité les anciennes centrales et tout ça nous permet aujourd’hui d’emprunter le chemin de l’autonomie énergétique pour ce qui concerne l’électricité. En 2016, nous avons sur notre territoire 180 Mw de location de groupes électrogènes pour produire l’électricité. Fin 2019, comme prévu en 2016, il n’y a plus au Bénin un moyen de location pour produire de l’électricité.  Ce qui confirme la justesse de nos choix et prouve que nous sommes sur le bon chemin. La Sbee a connu une augmentation de 25% de sa clientèle en 3 ans; le délai moyen de coupure a chuté de 75 heures à moins de 13 heures ; le temps moyen pour dépanner est passé de 11 heures à moins de 2 heures aujourd’hui et le taux d’électrification a augmenté de 10%. Nous avons travaillé sur les pertes (perte commerciale et technique) en énergie pour avoir des gains importants. Nous sommes également passés au led sur l’éclairage public pour une bonne efficacité énergétique et qui nous permet de réduire considérablement nos consommations. L’autre chose qu’il faut noter, nous avons lancé la semaine dernière la construction d’une première centrale solaire de 25 Mwc. Six autres seront également construites afin de nous permettre d’obtenir fin 2022, un taux de 30% de notre mix énergétique qui sera d’origine solaire. Ce qui est historique au Bénin, nous avons pris la politique nationale de développement des énergies renouvelables sur les dix prochaines années. Enfin, nous avons lancé un projet d’une unité flottante de regazéification avec le groupe Total afin de rendre disponible le gaz pour une production permanente et durable En somme, nos pays ont besoin, nos populations ont besoin de cette énergie. Nos populations ne pouvant pas attendre, il nous revient le devoir de faire en sorte que les choses s’améliorent », a-t-il conclu. Une performance  fortement saluée par le Directeur Exécutif Fatih Birol qui, dans sa conclusion estime que compte tenu des disparités entre les pays africains, compte tenu de l’endettement croissant qui constitue un obstacle en cette période marquée par la Covid-19, le cas du Bénin reste un cas pratique qui doit inspirer les autres pays.

JUNIOR FATONGNINOUGBO

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