La formation aux métiers d’avenir est en vogue au complexe scolaire Péniel à Pahou. Dans cet établissement d’enseignement général, les élèves des classes de 6ème, 5ème, et 4ème  reçoivent des formations en  coiffure,  photographie et karaté. Ce choix de former les enfants à l’entreprenariat est la solution au chômage grandissant au Bénin. C’est donc pour régler un tant soit peu ce problème que Mme Emérentienne Fanou épouse Hounguè Sossou, directrice dudit complexe, a jugé bon d’introduire ces métiers au sein de son complexe. Ceci n’a aucune conséquence sur les rendements scolaires, dit-elle. Mieux, ces formations dispensées de façon bénévole, maintiennent les apprenants à l’école. Raison pour laquelle la directrice nourrit des ambitions d’ajouter d’autres métiers comme la couture et la vitrerie l’année prochaine. Son souhait est que désormais, tous les enfants inscrits au Complexe scolaire Peniel à Pahou puissent choisir au moins un métier dans lequel ils seraient formés.

Des métiers en dehors des cours sont dispensés au sein du Complexe scolaire Péniel à Pahou. Quelles sont les raisons qui justifient l’introduction de ces métiers d’avenir ?

D’abord, nous savons que  c’est l’enseignement général et technique qui est dispensé dans les lycées et collèges. En dehors de cela, nous voyons que beaucoup d’enfants sortent des collèges sans pour autant se prendre en charge. D’autres vont à l’université et finissent leurs études universitaires mais ils n’arrivent pas  à s’installer. Le chômage devient de plus en plus grandissant dans notre pays. Nous avions réfléchi et avons dit si on associait certains métiers comme la photographie, la coiffure, la couture, le Karaté dans l’enseignement de nos apprenants, cela va leur permettre de savoir faire quelque chose de façon pratique, de se prendre en charge, d’aider même les parents. Et une fois qu’ils finissent les études, ils vont se prendre en charge en attendant d’être recrutés par l’Etat ou de s’installer convenablement. Ces métiers vont leur permettre de gagner leur pain.

Depuis quand avez-vous introduit ces métiers dans l’enseignement ?

Nous avons introduit ces métiers en particulier la photographie depuis trois (03) ans. La coiffure l’année dernière.  Nous sommes dans notre 2ème année où nous faisons la théorie et la pratique. Nous avons un atelier à l’intérieur de l’établissement. Ce qui facilite la tâche aux enfants en pratique. Les enfants suivent les cours théoriques et aussi en atelier. Nous faisons la coiffure homme et dame. Les enfants sont véritablement moulés dedans. Vous savez depuis un certain moment que l’Etat a voulu renverser la tendance c’est-à-dire 70% de l’enseignement technique et professionnel contre 30% de l’enseignement général.

En dehors des métiers cités, il y en a d’autres qui sont dispensés ?

 Nous avons un enseignement primaire et le secondaire. Et déjà, à partir de la classe de la Maternelle, les enfants font l’anglais de façon professionnelle. Les petits enfants de la maternelle s’expriment couramment en anglais.

Ces métiers sont réservés à tous les enfants ou une tranche?

Ces métiers sont réservés aux enfants des classes de 6ème, 5ème et 4ème. Etant donné que nous sommes au début, nous avons jugé bon de commencer par ces catégories d’enfants. Mais notre souhait est qu’à partir de l’année prochaine, tous les enfants inscrits au Complexe scolaire Peniel à Pahou puissent choisir au moins un métier dans lequel, il serait formé. Même l’année prochaine nous allons présenter notre première promotion  au certificat de qualification aux métiers (Cqm)  pour que les enfants puissent avoir leur attestation de fin d’apprentissage.

Est-ce que les élèves arrivent à cumuler les deux cours à la fois ?

 Ils cumulent très bien la formation dans ces métiers là. Ces métiers n’ont aucune conséquence sur les rendements scolaires. Mieux, ces métiers les maintiennent dans l’école. Ils font de ces heures de cours celles de distraction et d’apprentissage. C’est plus relaxe. Certains parents viennent témoigner l’importance de ces métiers dans le cursus de leurs enfants. Des enfants formés en photographie font déjà des reportages de mariage.

Pensez-vous ajouter d’autres métiers pour les années à venir en dehors ce que vous faites maintenant ? 

Déjà à partir de l’année prochaine, notre souhait est d’associer la couture et la vitrerie. Tout au moins ces métiers en plus de ce que nous faisons. Tous les apprenants de la 6ème en terminale seront obligés de choisir un ou deux métiers. Et là nous serons obligés de dispenser les cours de l’enseignement général en journée continue. Des métiers seront programmés dans la soirée et chaque apprenant viendra suivre sa formation en atelier.

Entreprenariat et enseignement général, cela voudra dire que la contribution est payée deux fois ?

Non non, du tout pas. Pour l’heure nous sommes en train de faire le ‘’bénévolat’’. C’est la même contribution qui a été fixée depuis environs dix ans qui est toujours payée au complexe scolaire ‘’Péniel’’ à Pahou. Les enfants sont formés dans les métiers de façon bénévole.

Votre mot de fin

Je lance un vibrant appel à toute la population de Pahou, Ouidah  même Cotonou de nous faire confiance en envoyant leurs enfants parce que nous faisons des choses d’originalité et de particulier. Les parents qui ont leurs enfants dans notre complexe font déjà la publicité pour nous d’ailleurs.  Ils sont vraiment satisfaits de la prestation au sein du Complexe scolaire Péniel à Pahou.

                                                                  Réalisation : Boniface Kabla

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