Le programme Alimentaire Mondial (Pam) avec l’appui de la coopération suisse a initié une assistance aux bénéficiaires du projet Résilience Covid-19 Borgou et Alibori(Recoba) dans les communes de Karimama et Malanville victimes des inondations de 2020 et aussi des effets des mesures prises par la Covid-19. Depuis le vendredi 03 décembre 2021, cette population cible bénéficie également de l’assistance alimentaire et nutritionnelle à travers l’opération de transfert monétaire/Cash based transfert (Ctb). Dans cet entretien, le Coordonnateur du projet Elom Padenou donne des précisions sur les tenants et aboutissants de ladite opération. Pour lui, cette  assistance est  pour renforcer le statut alimentaire et nutritionnel du ménage et  donner une flexibilité au ménage d’utiliser les ressources pour les premiers besoins.

Quelques mois après la distribution de vivres vous êtes de nouveau en contact des bénéficiaires du projet Recoba, cette fois-ci c’est pourquoi exactement ?

En juin passé, nous avons fait une distribution générale de vivres pour près de 3.000 ménages dans les communes de Karimama et Malanville et aujourd’hui, nous sommes présents pour toujours accompagner ces bénéficiaires avec une distribution de cash. C’est-à-dire leur donner de l’argent pour pouvoir leur permettre eux aussi d’acheter des vivres pour assurer l’alimentation dans leur ménage, surtout une assistance nutritionnelle. C’est-à-dire, un cash qui leur permettra de faire de la bouillie enrichie, c’est-à-dire acheter les céréales et tous les nécessaires pour préparer de la bouillie enrichie pour les enfants de 0 à 2 ans. Déjà que nous savons que dans notre pays, les questions de malnutrition sont importantes et surtout le retard de croissance. Donc c’est encore pour apporter cet appui à cette communauté déjà vulnérable que le Pam avec l’appui technique de la coopération Suisse ont effectué cette activité de distribution de transfert de cash dans les communes de Karimama et de Malanville. Ce sont là les raisons de la présente opération de transfert monétaire/Cash based transfert (Ctb).

Pourquoi le cash en lieu et place des vivres pour certains bénéficiaires ?

Le Pam avant de décider d’aborder avec une stratégie fait des recherches et des études. Et nous avons évalué la fonctionnalité des marchés de Karimama et de Malanville. Nous nous sommes rendu compte que dans la plupart des marchés à Karimama et aussi dans certains arrondissements de Malanville, la disponibilité des vivres était limitée. Et c’est pour cela, dans ces arrondissements, nous avons favorisé une distribution de vivres directement au profit de ces ménages. Contrairement à l’arrondissement de Guéné où nous avons un marché fonctionnel, suite à l’analyse qui a été faite, nous nous sommes dit que ce serait mieux de mettre le cash équivalent à la quantité de ressource de vivres qu’ils devraient avoir, et ses ménages, pourront à leur guise aller au marché et prendre les produits de première nécessité dont ils ont besoin. Car l’approche du cash donne cette flexibilité au ménage de pouvoir lui-même faire le choix de ces produits dont la consommation lui apporterait un plus grand bénéfice. Seul l’arrondissement de Guéné est éligible à cette approche. C’est pourquoi lors de la distribution des vives, Guéné n’était pas impliqué mais nous avons appuyé Guéné au travers, de cette distribution de cash pour déjà 1.000 ménages.Donc ces 1.000 ménages s’ajoutent aux 3.000 ménages qui avaient déjà reçu des vivres il y a quelques mois dans les communes de Karimama et Malanville.

Quid qu’un ménage bénéficie de l’appui alimentaire et de l’appui nutritionnel

Les critères ont été mis pour chacune des actions qui devraient être prises. Donc les ménages vulnérables devraient bénéficier de l’appui alimentaire, et les ménages ayant des enfants de moins de 2 ans d’un appui nutritionnel payer les céréales et les ingrédients pour leur permettre de faire de la farine enrichie pour leurs enfants de zéro à deux ans. Et si dans un ménage, ils étaient vulnérables c’est-à-dire bénéficiant de l’appui alimentaire et de surcroît de ce ménage il ya des enfants de 0 à 2 ans, pour éviter la malnutrition, nous avons fait un appui spécifique pour cette tranche d’âge vulnérable. Donc effectivement des ménages qui répondent à ces deux critères vont bénéficier des deux types d’appui, parce que la finalité de chacun de ces types d’appui n’est pas la même. Le premier, l‘assistance alimentaire c’est pour couvrir les besoins alimentaires de tout le ménage. Mais pour l’assistance nutritionnelle, c’est destinée spécifiquement aux enfants de la tranche de zéro à 23 mois afin qu’on puisse les éviter de tomber dans la malnutrition.

Formations des Mamans au préalable à la fabrication des farines enrichies

C’est un préalable qui devrait être fait et pour nous assurer que ces mamans ont les compétences requises, le Pam s’est donné d’assurer le renforcement des capacités de ces mères des enfants de 0 à 23 mois sur la préparation de la farine enrichie.Et cette activité a effectivement eu lieu dans tous les villages avec toutes les mères concernées.Avec l’appui de plusieurs partenaires et d’autres acteurs du domaine, cette formation a été faite aux femmes de façon théorique que pratique.Donc les femmes ont eu à mettre la main à la pâte, préparer et goûter en même temps la bouillie enrichie pour voir l’impact que cela pourrait avoir sur leurs enfants.

Utilisation de l’argent reçu pour lancer une activité génératrice de revenu

L’assistance avait un but précis pour renforcer le statut alimentaire et nutritionnel du ménage. Mais quand nous allons à l’approche Cbt, c’est pour donner cette flexibilité au ménage d’utiliser les ressources pour les premiers besoins. Donc il arrive que des ménages essaient d’allouer les ressources pour compléter l’alimentation. Ainsi ils essaient de multiplier ces ressources qui sont mis à leur disposition et c’est l’avantage de faire le Cbt. Ça donne aussi au ménage de réfléchir et de voir comment avec cet appui, ils vont pouvoir se relever fortement. Donc certains ménages adoptent cela et c’est aussi un gain. Parce que si l’activité génératrice arrive à fructifier, ça veut dire qu’il y aura une amélioration dans le ménage et ils pourront faire face à leurs besoins sans forcement attendre une aide alimentaire d’une tierce personne. Donc le Cbt réussit réellement dans ce cas et je pense que c’est une bonne initiative si des ménages pensent pouvoir le faire, ils pourront le faire aussi facilement.

Critère de sélection des ménages bénéficiaires

Il est important de savoir comment ces ménages ont été identifiés. Dans notre pays, il y avait un recensement avec Arch qui a permis d’identifier des ménages vulnérables. Donc nous nous sommes basés d’abord sur un recensement ou sur des données disponibles au plan national. C’est-à-dire nous nous sommes basés sur un référentiel national pour maintenant appliquer certaines notes critères de vulnérabilité. Donc cette base Arch avait déjà donné des grandes lignes des zones vulnérables, affectées. Nous nous sommes aussi basés sur les données de l’Agence nationale de protection civile (Anpc) qui définit certains villages à haut risque d’inondation de crise. Et tous ces ménages conjugués, nous avons ajouté maintenant l’approche économie des ménages qui permet de faire une catégorisation des ménages dans une communauté par niveau de prospérité. Et ce travail est fait au niveau communautaire. Ce sont les communautés elles-mêmes qui définissent comment est-ce que nous nous classons la prospérité et les ménages présentes chez nous, à quel niveau nous pouvons les mettre. Donc tous ces critères conjugués ont permis alors de définir avec la communauté les bénéficiaires réelles, ceux qui sont très pauvres ou très vulnérables, les vulnérables, les moins vulnérables ainsi de suite. Et c’est en fonction de cette échelle que les bénéficiaires ont été identifiés.

Les conseils aux bénéficiaires

Je dirais aux bénéficiaires que l’assistance de la coopération Suisse et le Pam est en train d’apporter, c’est pour leur donner un support qui leur permettrait de se relever. Donc ce n’est pas une assistance qui va durer pour toujours, mais c’est pour pouvoir palier un peu à ses différents aléas qui se sont abattus sur eux. Donc cette aide devrait leur permettre de pouvoir aller de l’avant. C’est de pouvoir trouver un peu les capacités de pré réduction qu’ils ont pour se relancer suite aux différents aléas qui les a abattus. Donc je les encourage fortement à utiliser, que ce soit ces ressources financières ou en vivres qui ont été données pour réellement en faire un capital de production.

Propos recueillis par Junior Fatongninougbo (LA PRESSE DU JOUR)

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