Mme Françoise Tchinkoun Akakpo est une peintre automobile garagiste dans la ville de Cotonou. Un métier d’homme qu’elle exerce depuis 26 ans qui lui procure un épanouissement et une entière satisfaction. Avec son parcours typiquement masculin, elle convie les femmes à surpasser les mauvaises langues afin d’exercer le métier de leur choix.

Lorsqu’un véhicule est couvert de griffures, de rayures de tout genre sur les portières, le capot ou bien lorsque le propriétaire souhaite changer la couleur de son véhicule, il n’y a d’autres alternatives que de faire recours à des peintres automobiles. La peinture automobile, un métier passionnant que généralement seuls les hommes embrasaient devient peu à peu l’apanage des femmes.

En effet, peindre les motos, les véhicules de toutes sortes, c’est à cela que s’attèle Mme Françoise Akakpo née Tchinkoun depuis plus de vingt-cinq ans déjà. Âgée de 53 ans, elle exerce le métier de peintre auto depuis 1994 et est copropriétaire d’un des plus grands garages de la ville de Cotonou.

Fruit de la persévérance

Naturellement attirée par les métiers dit d’hommes et ayant un goût envoûtant pour le sport, Françoise Tchinkoun alors déscolarisée en classe de 3è avait décidé d’aller au camp militaire. Une ambition qui ne se réalisa point car il n’y avait aucune opportunité à saisir. « J’aime passionnément tous les métiers que font les hommes », raconte-t-elle. « Comme je n’ai pas eu l’occasion de devenir militaire comme j’en avais envie, l’un de mes cousins garagiste m’a proposé la peinture automobile, ce que j’ai accepté avec grande joie. » C’est ainsi qu’elle s’est lancée à la formation. Mais très tôt, elle  a été exposée à des stigmates car généralement les femmes qui décident d’embrasser les métiers dit d’hommes comme Mme Françoise ne sont  souvent pas les bienvenus dans la société béninoise. « Déjà à l’apprentissage, on fait objet de beaucoup de moqueries et même étant patronne, les gens continuent de nous stigmatiser » a déclaré la garagiste avec une pointe de regret.  Une situation qui n’ébranle guère son élan et sa volonté d’aller loin dans sa carrière. »Il fallait s’y attendre puisque c’est un milieu fortement masculin. Mais cela ne m’empêche pas de continuer ma lutte de tous les jours » confie-t-elle. Et puisque Françoise Tchinkoun Akakpo devenue désormais femme garagiste est mariée et mère de deux enfants, un double challenge qu’elle doit relever au quotidien conciliant ainsi sa vie d’épouse mère avec celle de femme travailleuse. Pour assumer ses différentes responsabilités, elle se retrouve le plus souvent face à des journées surchargées et très contraignantes. Néanmoins, elle manifeste sa reconnaissance et sa confiance à la providence divine qui ne lui a pas fait défaut. « C’est Dieu qui garde les enfants » martèle-t-elle avant d’ajouter que les colocataires lui ont été aussi d’une grande aide. « Je me lève très tôt le matin pour apprêter tout ce qu’il faut aux enfants dans la journée et je les confie aux voisines de chambre. Ce sont elles qui prennent soin d’eux à leur retour des classes jusqu’à 19h ou même 20h où je reviens du garage », nous a confié la femme peintre.

Toujours optimiste

Toutes ces contraintes n’ont nullement émoussé l’ardeur de Mme Acakpo, surtout quand elle bénéficie du soutien inconditionnel de son conjoint. « Mon mari est très compréhensif envers moi, il a été et continue d’être d’une grande utilité pour moi. Je pense que sans lui je ne saurais tenir le coup » a-t-elle laissé entendre. Au-delà des biens matériels que procure le travail de l’homme, notre garagiste trouve une aisance intérieure et clame sa fierté pour avoir embrassé un secteur d’activité comme celui de la peinture automobile. « Même si je n’ai pas encore des carrés, des maisons, la peinture nourrit son homme et si je devrais reprendre ma vie, je la choisirais encore comme métier » a rassuré la dame de fer avant de convier les jeunes filles à s’intéresser aux métiers dit d’hommes.

 « La couture, la coiffure, tout cela est bon mais la peinture, les femmes garagistes, les mécaniciennes, c’est encore mieux. Je vous invite chères sœurs à aller dans les garages apprendre ces métiers ou encore au lycée pour faire une spécialité dans ces domaines. »

Eliane Fatchina

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