Décédé le 02 juillet 2021 dans sa 78è  année, feu Mathias Bonouvi Aklossou rejoint, demain samedi 11 septembre, sa demeure éternelle. Éducateur hors pairs, bon père, feu Bonouvi Aklossou demeure dans la mémoire de ses anciens élèves des promotions allant de 1983 à 1990 du Collège d’Enseignement Moyen Général (Cemg) 1 de Dassa-Zoumè. En tant que directeur du collège, l’illustre disparu avait positivement marqué ses élèves en leur apportant le goût de l’effort dans le travail. Devenus presque tous aujourd’hui des grands hommes et grandes femmes, des cadres à divers niveaux, ils ont tenu à marquer leur reconnaissance à ce bon éducateur. Ceci à travers un témoignage mérité à ce bon papa qui s’en va rejoindre le Père Céleste. (Ci-dessous, l’intégralité de l’allocution du représentant de ces anciens élèves du Cemg 1 de Dassa-Zoumè)

ALLOCUTION DES ANCIENS ÉLÈVES DU CEMG 1 DE DASSA-ZOUMÉ À L’OCCASION DE LA CÉRÉMONIE D’INHUMATION DE FEU AKLOSSOU BONOUVI, ANCIEN DIRECTEUR DUDIT CEMG (DE 1983 À 1990).

À votre Excellence, Monseigneur……, Évêque de ……

À vous, Père….. Curé de la paroisse….. de Lokossa,

À vous, Maman … AKLOSSOU, veuve de l’illustre disparu,

À vous, mes frères et sœurs : Edwige , Hermione , Roméo , Ghislain , Ulrich, filles et fils de feu notre père Papa AKLOSSOU, et à travers vous, toutes les petites filles et tous les petits fils de notre cher papa disparu,

À vous, autorités administratives à divers niveaux, suivant vos rangs et titres respectifs,

À vous tous, collègues du disparu, invités, parents proches ou lointains de feu AKLOSSOU BONOUVI,

À vous tous voisins, voisines, amis et alliés à divers degrés de la famille,

Les anciens élèves du CEMG 1 de Dassa-Zoumé des promotions allant de 1983 à 1990, appuyés par tout le personnel d’enseignement et d’appui de la même période me chargent de vous transmettre leurs mots de compassion, mais aussi de remerciement et d’encouragement à l’occasion du deuil qui nous frappe tous par le rappel à Dieu de notre professeur, de notre papa et ancien directeur feu AKLOSSOU BONOUVI, Professeur certifié de Biologie, que nous avons eu la chance de côtoyer pendant quelques années, lorsqu’il a eu la charge de diriger le collège qui a servi de cadre à notre formation d’intellectuels au service du développement de la nation mais aussi et surtout, à notre formation d’hommes et de femmes tout court.

Maman AKLOSSOU,

Mesdames et messieurs, il est des évènements auxquels, on s’oblige à prendre part, en se donnant les moyens nécessaires et en prenant quelques risques au besoin.

 

Au nombre de ce genre d’événements, les anciens élèves du CEMG 1 de Dassa-Zoumé, ont unanimement désigné la cérémonie d’inhumation de leur  papa et ancien directeur, feu AKLOSSOU BONOUVI.

Aussi, n’eût été le contexte particulièrement éprouvant de la pandémie de COVID 19,  ce sont des centaines d’anciens collégiens et lycéens devenus à leur tour des hommes et femmes accomplis et responsables qui se bousculeraient pour prendre place dans cette salle/église en ce moment.

Cela ne relève pas du hasard, mais c’est dû au fait que celui qui repose en ce moment entre ces planches de bois a marqué très positivement chacun des jeunes hommes et jeunes femmes que nous étions à l’époque.

Mais de tout ce que le Directeur AKLOSSOU a été pour nous, de tout ce qu’il a pu nous apporter tout au long des années où il fut pour certains, un professeur chevronné de biologie en même temps que notre ‘headmaster’ à nous tous, s’il nous était demandé de ne retenir qu’un seul aspect, unanimement, nous parlerions de sa méthode unique de gestion de la discipline.

Nous n’étions pas toujours sages, pas toujours aussi studieux et appliqués que le Directeur Bonouvi AKLOSSOU le souhaitait, nous le recommandait, loin de là….

Oui, camarade Directeur (comme il était d’usage de vous désigner à l’époque), camarade Directeur, nous vous avons causé beaucoup de soucis, parfois même de la peine. Nous avons parfois pris de votre temps au-delà des heures réglementaires, le temps que vous auriez dû consacrer à vos enfants, à votre famille, mais jamais nous ne vous avons entendu vous emporter, ou céder au découragement.

Jamais, nous n’avons lu sur votre visage, la lassitude de celui qui a l’impression de prêcher dans le désert.

Et pourtant, parlant d’une jeunesse indisciplinée et  têtue, nous n’étions pas faciles à diriger…

Mais toujours avec le même calme, sans presque jamais élever la voix, vous repreniez l’enfant en faute, vous lui montriez en quoi son comportement a failli…

Parfois, vous étiez obligé d’insister jusqu’à ce qu’il ait été convaincu de son tort. Puis, selon le cas et suivant la gravité de la faute, vous le laissiez partir en disant :

« va en classe mais ne recommence pas, sinon…. », ou alors, vous lui infligiez une sanction légère :  » deux heures de colle !  » Et lorsque l’enfant puni venait exécuter sa corvée de nettoyage de la cour de l’école le mercredi après-midi, vous veniez encore le sensibiliser, lui parler, jusqu’à ce qu’il soit entièrement convaincu de sa faute et engagé à ne pas retomber dans ses travers….

Un Père ! Vous teniez à le rester pour  chacun d’entre nous. Un père aimant, même dans la sanction….

Chapeau, Directeur !

Combien d’entre nous auraient abandonné les classes, seraient devenus des divorcés sociaux, si au lieu de privilégier la carotte, vous aviez été un virtuose du bâton ?

Les statistiques sont restées muettes sur cette question, mais nous, on sait.

 

Il va sans dire que cette méthode d’encadrement révolutionnaire à une époque qui se voulait révolutionnaire n’était pas bien comprise de tous.

 

Ainsi, il est arrivé à l’un de nos encadreurs de l’époque de critiquer ouvertement ce qu’il trouvait trop laxiste, en disant : « le directeur joue au petit Jésus…»

Aujourd’hui, nous sommes devenus des adultes. Certains d’entre nous pointent allègrement vers le troisième âge. Étant devenus parents, nous sommes à présent tous des éducateurs potentiels, et d’ailleurs, à votre suite, plusieurs de vos anciens élèves du CEMG 1 de Dassa sont devenus des enseignants chevronnés dans les différents ordres d’éducation, et nous pouvons donc légitimement élever la voix pour désavouer la critique émise par votre collaborateur d’antan et  affirmer publiquement ici que le système éducatif gagnerait à capitaliser votre expérience, votre méthode d’encadrement, de sanction, pour en faire un modèle à dupliquer, à généraliser….

D’ailleurs ça fait maintenant plusieurs années que le concept de  « apprendre sans peur» est devenu la norme dans l’École béninoise. Ceci non plus n’est pas dû au hasard….

Pour cela, nous sommes venus témoigner et vous dire : camarade Directeur, c’est vous qui aviez raison !

Aujourd’hui, nous témoignons de ce que sans avoir versé dans la complaisance, vous avez effectivement réussi à être pour nous, le père aimant dont vous rêviez.

Et pour autant ça n’a point affecté les ‘performances’ d’ensemble du CEMG1 de Dassa :

1/ La période  allant de 1983 à 1990 a en effet été l’une des plus fastes en termes de taux d’admissibilité de notre collège aux examens du BEPC et du Baccalauréat.

Permettez, mesdames et messieurs ici présents, que nous vous épargnions des chiffres….

Mais parlons plutôt de paix et de  tranquillité d’esprit :

2/ Durant les huit années scolaires du directeur AKLOSSOU, nous ne nous souvenons pas qu’il y ait eu plus de cas d’indiscipline qu’à une autre époque, au contraire. …

3/  Durant les huit années scolaires du directeur AKLOSSOU, nous ne nous souvenons pas qu’il y ait eu des élèves qui ont perdu leur année scolaire pour non paiement de la contribution scolaire… Pourtant la situation matérielle de la plupart de nos parents ne nous permettait pas d’être à jour de l’  »écolage »!

Mais toujours, le directeur AKLOSSOU privilégiait le dialogue, la sensibilisation, multipliait les réunions avec les parents d’élèves, et arrivait toujours à mobiliser les fonds nécessaires aux  »dépenses de souveraineté » de l’école pour des réalisations tangibles et visibles. Nous n’en voulons pour preuve que la construction sur fonds propres de l’imposant bâtiment qui jusqu’à ce jour, sert à la fois de bureaux pour l’administration, et de résidence au Directeur.

4/ Même sur le plan sportif, le passage du directeur AKLOSSOU a été une période faste pour les différentes équipes du  CEMG 1 de  Dassa, car la proximité de son domicile lui permettait d’assister à la plupart des séances d’entraînements, ce qui constituait une grande source de motivation pour les athlètes….

Tout ceci témoigne à suffisance de ce que par la douceur, on peut parvenir à de meilleurs résultats, pour peu qu’on sache où on va. Et papa AKLOSSOU BONOUVI avait toujours en vue, les objectifs clairs où il comptait aboutir. Il y travaillait alors avec méthode et rigueur, mais toujours dans la douceur.  Et très souvent, il arrivait au résultat sans jamais laisser en arrière, des victimes collatérales….

C’était sa méthode à lui.

Est-ce par hasard qu’il a fait à Dassa, plus de temps que n’importe quel autre Directeur ?

La question ne manque pas d’intérêt.

Un père aimant, vous l’êtes resté pour nous, même plus de trente ans après avoir quitté vos fonctions au CEG 1 de Dassa.

La preuve en est que lorsque, il y a un peu plus d’un an, certains d’entre nous ont pris l’initiative de créer un cadre de retrouvailles virtuelles entre anciens élèves du CEMG 1 de Dassa, vous avez accueilli l’initiative avec un enthousiasme communicatif. Et par vos premières adresses aux membres, vous avez eu les mots qu’il fallait pour mobiliser le plus grand nombre autour de l’initiative.  Sur vos conseils, nous avons ratissé large et sommes allés chercher un peu partout dans le monde, vos apprenants ainsi que la plupart de vos collègues et collaborateurs, nos professeurs et encadreurs de l’époque pour les intégrer au forum de discussion. … C’est toujours sous votre houlette que nous avons décidé d’aller plus loin, et d’organiser une rencontre physique au cours de laquelle anciens élèves et anciens professeurs se retrouveraient autour de leurs anciens Directeurs pour deux journées de réjouissances dans l’enceinte de l’établissement. Cette rencontre, nous la voulions grandiose, et elle devait être le cadre idéal pour vous témoigner de notre attachement, de notre affection filiale et de toute notre reconnaissance… Vous même, camarade Directeur, vous étiez très enthousiaste à l’idée d’organiser ces retrouvailles qui étaient prévues pour le mois d’août passé…. À plusieurs reprises, vous nous avez adressé des messages de soutien et d’encouragement, mais aujourd’hui, lorsque nous reprenons vos messages, nous lisons entre les lignes que vous saviez bien que vous n’aurez pas assez de temps pour arriver à cette occasion de retrouvailles physiques…

Quand il nous arrive de relire vos messages, nous y découvrons avec émotion, vos adieux bien dissimulés derrière vos mots d’encouragement… Vous le saviez, camarade Directeur, mais vous nous l’aviez soigneusement caché… Par modestie, pour ne pas captiver toute notre affection sur votre seule personne, ou par amour filial, pour ne pas nous infliger la peine de vous voir partir ? Ceci restera à présent votre secret. Pour toujours…..

Et puis, vous êtes parti…. À quelques jours de la date prévue pour nos retrouvailles.

Vous êtes parti.,. Sur la pointe des pieds. Sans faire de bruit et sans faire de vagues, tel que vous avez vécu parmi nous : en paix et dans la tranquillité d’esprit !

La marque d’un grand homme, assurément !

Maman AKLOSSOU…. née…., Il n’est un secret pour personne que derrière un grand homme, se cache toujours une grande dame. Le directeur AKLOSSOU n’a pas pu accomplir tout ce qu’il a fait à Dassa sans votre soutien affectueux et discret. Nous ne savons pas encore si nous aurons une autre occasion de vous témoigner de toute notre filiale affection, aussi nous voudrions prendre à témoin l’auguste assemblée ici réunie, pour vous remercier chaleureusement de tout ce que vous avez pu faire dans l’ombre, pour soutenir notre papa, notre directeur, et lui permettre d’avoir tant fait pour nous. Maintenant le moment est venu de poursuivre seule le chemin.

Nous voulons vous assurer de ce que au- delà de votre ‘filiation biologique’, vous pouvez également compter sur des centaines d’élèves qui ont eu l’honneur et la chance d’être formés et  »encadrés » par feu votre bien aimé, papa AKLOSSOU BONOUVI.

Quant à vous, chers frères et sœurs, enfants du défunt, et à travers vous, la nouvelle génération des Maël, Imela, Nelly, Carleine, Espérance, Maya, Merveille et tous les autres,  est-il encore besoin de vous faire un serment ici ? Nous vous souhaitons simplement de redoubler de courage pour entourer notre maman de toute l’affection qu’il faut, et sans renier votre personnalité propre, d’être autant que faire se peut, les dignes héritiers du grand homme que fut votre père, votre grand père, en étant des messagers de la paix et de la tranquillité d’esprit dans l’efficacité.

À vous, enfin, cher papa, professeur émérite, brillant dirigeant,

À vous, «petit Jésus pour notre bonheur»,

Nous voici à la croisée des chemins. Nous ne sommes pas encore qualifiés pour vous accompagner dans le dernier tronçon de chemin de lumière,  mais nous vous promettons que par obéissance, fidélité et respect pour vous, les retrouvailles physiques que vous avez tant souhaitées auront bel et bien lieu. Nous vous promettons de veiller à ce que, présent ou non, vous y occupiez la place qui vous revient de droit.

Avancez donc sans regarder en arrière. Nous témoignerons toujours de ce que vous avez combattu le bon combat, que vous avez triomphé…

Entrez à présent dans la sphère du Directeur des Directeurs !

Avancez sans regret et sans un regard en arrière,

Là-haut, le Grand Témoin vous Attend, une couronne à la Main.

Avancez, et que Le Ciel vous Soit Ouvert !

 

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