Les vendeurs le long des trottoirs et autres lieux publics ont respecté le mot d’ordre des autorités en libérant, de gré ou de force, les espaces entre temps occupés.  Mais le  constat est que certains d’entre eux, ont choisi se réinstaller ou de s’entêter en restant sous les pylônes derrière le Ceg Godomey et à Agla. Les personnes rencontrées en cours de semaine sous ces poteaux dangereux confient qu’elles n’ont pas une alternative devant sauver leurs activités et leurs clients. Elles se confient cependant à Dieu.

Chancelle Folalou, Lionel Sodokpa, Déborat Tede (Stgs)

« Nous savons que c’est dangereux. Mais nous n’avons pas le choix. Pour le reste, c’est Dieu qui nous garde »,  a déclaré, en requérant l’anonymat, un mécanicien installé en toute quiétude sous les pylônes qui se trouvent derrière le Ceg Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi. En effet, soutenant  la thèse selon laquelle l’homme doit travailler pour subvenir à ses besoins, les victimes  de libération  des espaces publics exposent leur vie face au risque d’électrocution. « Je dois manger, m’habiller et tout, donc je dois faire quelque chose même s’il faut que je prenne des risques », a confié M. Sondé Aziz, un vendeur de friperies rencontré sur les lieux. Pour ce dernier, la place qu’il a occupée ne rassure pas du tout d’une sécurité à cause des hautes tensions. « Mais je viens de temps en temps pour chercher la clientèle », a-t-il ajouté. Certains estiment que ‘’sous les pylônes’’ est leur lieu de prédilection où les clients affluent. « Je ne peux pas quitter ici par peur de perdre mes clients », a dit une dame vendeuse d »Akpan glacé » qui a requis l’anonymat. Se confiant la plupart à leurs croyances, ces victimes de déguerpissement se disent que seul Dieu peut leur éviter le pire. « Parfois j’ai tellement peur, mais je me remets toujours à Dieu. Je sais que les fils électriques sont très dangereux. Même devant moi, les oiseaux dont les ailes frottent parfois les fils tombent et meurent.»,  a martelé la vendeuse  de  ‘’Akpan glacé’’. Par contre, d’autres sous-estiment la dangerosité de ces hautes  tensions.  « Moi je n’ai pas peur des pylônes. Les fils ne se coupent pas facilement. Dans la vie, il faut être aussi courageux », a déclaré tout ignorant, un vendeur d’essence qui a étalé ses bouteilles remplies du liquide inflammable sous les pylônes qui longent la nouvelle voie passant derrière le Ceg  Godomey. Pour ce jeune qui a préféré ne pas donner son nom, en déguerpissant les vendeurs des abords de la voie publique pour leur sécurité, il serait aussi  nécessaire de penser  à ce qu’ils vont manger. « C’est pourquoi nous prenons le risque de nous installer ici », a-t-il renchéri.

D’autres préfèrent rester sous les poteaux électriques

 Si le constat paraît un peu différent à Agla,  dans la zone  du Ceg  les Pylônes, le danger  n’est  pas  à occulter. A quelques  mètres  peu raisonnables des  pylônes, les bonnes dames  préfèrent s’ériger dans des hangars sous les poteaux électriques. A notre descente là, on a noté des boutiques fermées, d’autres ouvertes avec des terrasses vides, mais toutes positionnées en dessous des poteaux électriques. Une vendeuse d’orange qui requiert l’anonymat déclare: « Il y a beaucoup de risques quand on est sous ces grands fils électriques, mais on n’a pas un autre endroit où aller ». Elle a fait savoir qu’elle est là depuis quelques années déjà, craignant tout de même que ces fils électriques n’aient un problème de baisse de tension et lui ôtent la vie. Un peu plus loin, une autre dame qui a exposé des habits a laissé entendre que du fait qu’il y a la toiture du hangar, elle se sent un peu en sécurité. D’ailleurs, avoue-t-elle, elle est habituée à la disposition du poteau qui traverse la toiture de son hangar. C’est à croire que cette dernière accorde sa confiance à la toiture même si au fond, selon ses dires, elle a conscience que tout peut arriver. En outre, l’opération de libération des espaces publics a obligé seulement les vendeuses à se ranger dans leurs boutiques et autres. « Le déguerpissement a fait que mes articles sont désormais dans la boutique, mais j’ai moins de clients maintenant », a fait noter, la mine renfrognée, maman Leyla, vendeuse d’habits et de divers. Elle souhaite bien que les personnalités en charge de l’opération de libration des espaces leur proposent d’autres emplacements qui vont  leur permettre de quitter sous les poteaux électriques.

Quels  sont les dangers que courent ces personnes ?

Parlant des dangers que courent les usagers installés sous ces pylônes ou même de simples poteaux électriques, un responsable de la Sbee à l’agence Zogbadjè qui requiert l’anonymat explique que les lignes à haute tension sont des dispositifs industriels dangereux. Le contact direct ou indirect des conducteurs sous tension présente un risque très élevé d’électrocution. Selon ses propos, c’est formellement interdit de toucher aux fils, même tombés à terre, car ils constituent un danger permanent de mort. « Ces lignes à haute tension peuvent être responsables, par effet d’induction électromagnétique, de courants électriques parasites qui se propagent dans les parties métalliques à proximité de la ligne », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que ce courant électrique de faible intensité peut alors provoquer de fortes décharges électriques lors du contact.Libération des espaces publics

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