La communauté internationale a célébré hier jeudi 24 mars 2022, la Journée mondiale de la tuberculose. Le Bénin n’est pas resté indifférent à cette commémoration. Dans l’enceinte du Chu-Ppc, Lazaret de Cotonou, une manifestation officielle a été donnée. C’était sous l’égide du Ministre de la santé Professeur Benjamin Hounkpatin pour la circonstance entouré du représentant  de l’Oms Bénin Dr Raoul Saïzonou et du Coordonnateur du Programme national contre la tuberculose (Pnt) Professeur Dissou Affolabi.

Victorin Fassinou

« Investir pour mettre fin à la tuberculose. Sauver des vies » tel est le thème retenu pour l’édition 2022 de la Journée mondiale de la tuberculose.  En effet, cette journée est célébrée pour sensibiliser le grand public, lui rappeler que la tuberculose est l’une des maladies infectieuses les plus mortelles au monde, et présenter les répercussions sanitaires, sociales et économiques dévastatrices de la maladie, a indiqué le Coordonnateur du Programme national contre la tuberculose (Pnt) Professeur Dissou Affolabi. Pour le représentant de l’Oms Bénin Dr Raoul Saïzonou,  qui a donné lecture du message du Dr Rebecca Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique, le  thème retenu pour cette année « investir pour mettre fin à la tuberculose. Sauver des vies »,  souligne le besoin d’investir les ressources nécessaires pour intensifier la lutte antituberculeuse et réaliser les engagements pris par les dirigeants mondiaux de mettre fin à la tuberculose.  A ses dires, le financement alloué aux services de prévention, de diagnostic et de traitement de la tuberculose reste bien en deçà des besoins estimatifs mondiaux et de la cible mondiale fixé par les Nations-Unies. En 2020, les dépenses mondiales consacrées aux services de la lutte contre la tuberculose sont tombées à 5,3 milliards de dollars E-U alors que le financement de la recherche se chiffrait à 901 millions de dollars E-U.  En Afrique, les dirigeants ne consacrent que 22% des ressources nécessaires à la prestation de services suffisants de lutte contre la tuberculose et 44% de ces ressources ne sont pas financées ce qui entrave sérieusement les efforts visant à réduire la charge épidémiologique due à cette maladie. Pour l’Oms, il urge d’accroître le financement provenant de sources nationales et de donateurs internationaux si les pays veulent éviter les gains importants réalisés contre la tuberculose au cours des dernières décennies ne soient inversés. Ce message de Dr Moeti délivré par Dr Saïzonou lance un appel aux gouvernements pour qu’ils se mobilisent un appui financier national supplémentaire au profit de la lutte contre la tuberculose en plus des contributions au Fonds mondial.  Il  exhorte l’ensemble des parties prenantes à plaider en faveur d’investissements accrus et à veiller à ce que les services de lutte contre la tuberculose soient intégrés dans la riposte qui est organisée au niveau des soins primaires.  Pour finir, Dr Saizonou a transmis les messages d’encouragement et de félicitations de l’Oms aux plus hautes autorités nationales du Bénin, pour les résultats encourageants obtenus par le Pnt du Bénin qui reste une référence dans la sous-région et qui abrite le laboratoire  de référence de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’éradication du fléau  inspirée de la stratégie mondiale « END TB »

Le gouvernement du Bénin ne baisse pas la garde dans la lutte contre la tuberculose. Le Ministre de la santé Benjamin Hounkpatin, l’a fait savoir lors de la commémoration de 27ème journée mondiale de la lutte contre la tuberculose. A ses dires, la politique du Bénin pour l’éradication du fléau est inspirée de la stratégie mondiale « END TB ».  A l’en croire, pour l’atteinte des objectifs visés par cette stratégie, les interventions menées aux différents niveaux de la pyramide sanitaire ont permis d’obtenir des résultats satisfaisants. L’autorité ministérielle a fait remarquer que le taux de succès thérapeutique des patients tuberculeux mis sous traitement connaît une augmentation régulière et est actuellement de 90% pour la cohorte des patients mis sous traitement en 2020. La quasi-totalité des patients tuberculeux, soit 98% ont été testés pour le Vih en 2021 et parmi eux, 14% étaient séropositifs à ce virus et dont 97 % ont été mis sous antirétroviraux. Par ailleurs, le nombre de cas dépistés toutes formes confondues diminue depuis deux ans et s’établit en 2021 à 3.764 cas contre 4.002 cas et 4.374 cas respectivement en 2020 et en 2019.  Cependant, le taux de décès reste élevé à 6% parmi les patients tuberculeux de façon générale et à 12% parmi ceux qui sont co-infectés par le Vih. Conscient que des efforts restent à affaire pour inverser totalement la tendance, le Ministre Hounkpatin estime qu’il faut une intensification de la lutte contre le mal passe par l’engagement de tous les acteurs du système de santé, de toutes les autorités à divers niveaux, de chaque fille et chaque fils du Bénin.