La coordination nationale du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen), en marge à la célébration de  l’édition 2021 de la journée mondiale sans tabac,  a organisé le lundi 31 mai 2021, un webinaire. Cette activité soutenue par l’Atca, l’Ong Iect et l’Oms a connu la participation des journalistes de plusieurs pays d’Afrique. Elle a donné lieu à un partage d’expériences entre quelques acteurs engagés dans la lutte dans la sous-région.

« Entre « s’engager à arrêter » et les manœuvres de l’industrie du tabac: une jeunesse à sauver » Tel est le thème retenu pour ce webinaire de la section béninoise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen). Une activité organisée dans le cadre  de  l’édition 2021 de la journée mondiale sans tabac. A l’entame des communications, la coordonnatrice de Remapsen, Claire Stéphane Sacramento, la modératrice de circonstance a fait  un bref résumé sur la mission, les objectifs du réseau et l’attente de sa coordination au terme de ce webinaire.  Elle n’a pas manqué de remercier l’Atca, l’Ong Iect et l’Oms qui ont accompagné cette activité. A sa suite, il est revenu au point focal de la lutte antitabac Bénin Dr Judith Segnon dans sa communication « L’état des lieux, défis et perspectives dans la lutte antitabac dans la région africaine et au Bénin », de  rappeler l’urgence d’agir contre l’ascension de la prévalence au tabagisme. Dans les statistiques évoquées, elle  a indiqué que le  tabac tue  cause 8 millions de décès dans le monde par an, soit un décès toutes les 4 secondes. « La prévalence du tabagisme dans la région augmentera de près de 39% d’ici 2030, passant de 15,8% en 2010 à 21,9% en 2030. Cela est dû à la situation actuelle de la lutte antitabac dans cette région. Dans la région, il est à noter la mise en place de dispositifs juridiques, l’existence de structures multisectorielles pour la lutte dans chaque pays de la région et plusieurs efforts mais il y a certains facteurs qui persistent et entrainent un retard par rapport aux autres régions dans la lutte. Ces facteurs ont nom, faible engagement politique; insuffisance ou absence d’allocation de ressources; inexistence d’une plateforme appropriée pour la communication, la diffusion et le partage des meilleures pratiques en matière de la lutte antitabac en Afrique; faible coordination des activités de la lutte; faible application des textes règlementaires sur la lutte; l’ingérence de l’industrie du tabac dans la promulgation et la mise en application des législations sur la lutte en Afrique, etc. », a fait savoir la communicatrice qui estime qu’il faut passer à l’action pour l’atteinte d’une couverture sanitaire universelle pour tous.

Des défis à relever ….

Dans ses propositions, elle demande« l’implémentation effective de la Cclat dans la région africaine de l’Oms. Ceci, en dotant la lutte antitabac d’un financement conséquent et durable ; en protégeant les politiques de santé publique de l’ingérence de l’industrie tabac ; en appliquant les directives de la Cedeao, Cemac et de Ceeae relatives à la taxation des produits du tabac; en créant des centres pour le sevrage tabagique et formant les agents de santé pour y assurer les prestations ». Aussi appelle-t-elle d’appliquer les sanctions prévues dans la législation antitabac pour dissuader les indélicats, d’encourager la recherche sur le tabac (thèse, mémoire, article) et de mettre en place des moyens de sensibilisation, d’éducation et d’information plus approfondis et de  bannir la publicité indirecte sur les produits du tabac; de rendre tous les lieux de travail, les écoles, les hôtels, bars, restaurants et transports communs espaces 100% sans tabac. Pour finir, Mme Dr Judith Segnon a lancé à tous d’« Inverser la tendance de l’épidémie du tabagisme grandissante en Afrique ».

Claire Stéphane Sacramento et ses équipes félicitées

La deuxième communication faite par  le président du réseau des Ong actives pour le contrôle du tabac en Côte d’ivoire, Tall Lacina, a permis de  présenter l’expérience de ce réseau s’agissant de la sensibilisation, l’éducation et information plus approfondies, une exigence de la Cclat. A ses dires, l’application de ce moyen a permis, entre autres, la baisse du taux de prévalence à 8,5% dans la population âgée de 15 à 49 ans tous sexes confondus en Côte d’ivoire (enquête MICS 2017).Toutefois, il a reconnu que des défis restent à relever.  A l’instar de Dr Judith Segnon  et de Tall Lacina, le Directeur exécutif de l’Ong IECT Augustin Faton, a salué et félicité  la coordination béninoise du Remapsen  pour cette initiative de webinaire sur le tabagisme. Pour lui, les médias constituent l’outil capital de communication dans la lutte contre le tabagisme.Il a précisé que le volet sensibilisation de l’opinion publique est l’un des deux niveaux sur lesquels la société civile a un rôle important à jouer au-delà du plaidoyer à l’endroit des pouvoirs publics.  Les cibles de ces sensibilisations sont entre autres, la population en occurrence les enfants et  la jeunesse. « La société civile doit s’appuyer sur tous les maillons pour éviter la consommation du tabac », a souligné M . Faton qui est revenu sur quelques actions fortes menées pour que le Bénin atteigne le niveau où il est aujourd’hui. Il s’agit du vote de la loi antitabac, l’interdiction de la chicha par la plupart des préfets dans les départements du Bénin. Le  Directeur Atim Afrique du Sud Lekan Ayo-Yusuf, le Vice chancelier adjoint, dans son développement a soutenu qu’il faut encourager les gouvernements à interdire toute forme d’utilisation du tabac en Afrique. Le Président du  Remapsen Bamba Youssouf qui  a salué la meilleure qualité des différents communicateurs, a félicité la coordination béninoise du Remapsen pour avoir créée cet espace d’échange entre les acteurs au niveau régional sur le tabagisme, un sujet d’actualité. Il a pour finir, exprimé le vœu voir reculer le tabagisme hors de l’Afrique.

Victorin Fassinou

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