Les Confédérations et Centrales syndicales à savoir, la Csa-Bénin, la Cosi-Bénin, la Cgtb, de l’Unstb, de la Cspib et la Csub ont organisé le vendredi 18 février 2022, un meeting de protestation contre la vie chère. A la Bourse du Travail à Cotonou, cette initiative de la  Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) a fait drainer des milliers de travailleurs venus de  tous les départements. Au cours de celle-ci, ces travailleurs à travers la motion de protestation lue à cette occasion, ont  formulé neuf exigences au Gouvernement.

Victorin Fassinou

Ce mouvement de protestation mené dans les locaux de la bourse du travail, les manifestants était le cri de colère de ces syndicalistes. Au cours de ce meeting, ils  ont déploré la vie chère à laquelle les citoyens font face depuis des mois. Sur les pancartes que tenaient les participants, étaient inscrites leurs différentes revendications. « Non à la vie chère »; « Que le Chef de l’Etat fasse quelque choses pour diminuer les peines des populations »,  ont agité  les manifestants. Dans son speech, Anselme Amoussou,  Secrétaire général  de la la  Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) organisation syndicale initiatrice de ce meeting, a déploré que « la mesure de petits poissons au marché est passée en deux ans à 15 000F.L’huile importée est passée de 500F/L à 1200F sur la même période. Le gari continue de nous narguer aujourd’hui à 300 F après avoir atteint 500F en 2021. Les motos à quatre temps  qu’on pouvait acheter à 400 mille sont passées à plus de 500 mille sans aucune raison valable ». Dans nombre d’entreprises aujourd’hui, les travailleurs sont confrontés au refus de se doter d’une convention collective ou d’un accord d’établissement ou d’actualiser ces documents qui existent mais qui sont devenus surannés, a-t-il expliqué. A ses dires, ce  rassemblement que les six organisations faîtières organise doit être perçu comme le cri de cœur des citoyens qui ont mal, qui sont mal dans leur pouvoir d’achat qui n’en est plus un, qui sont mal dans leur statut de parents devenus incapables d’assumer le minimum à la maison, qui sont mal dans leur dignité d’époux. C’est également l’expression de leur  colère et de leur  mécontentement face au code général des impôts, face à la diminution de leurs  salaires, face au non-paiement des arriérés de salaire, face au refus de réunir la session de négociation pour trouver les solutions réalistes au mal être individuel et collectif.Ce rassemblement est aussi un message d’ouverture des représentants des travailleurs qui sont prêts pour écouter les propositions du gouvernement après l’annonce de revalorisation des salaires au mois de décembre 2021.Dans la motion signée des six organisations syndicales, lue par le premier secrétaire adjoint de la Csa-Bénin, Richard D’Alméida,  ces syndicalistes  rappellent le caractère préoccupant et urgent de la dégradation des conditions de vie et de travail des populations du Bénin.  Ils exigent l’ouverture sans délai des négociations pour débattre des problèmes brûlants de l’heure touchant la vie des travailleurs et des populations ; la  prise de mesures fiscales et économiques rapides pour réduire considérablement la pression de l’inflation sur la vie des citoyens. Ces mesures peuvent prendre la forme de subventions spéciales de certains produits de grande consommation, l’allègement des taxes et impôts sur d’autres. Ils réclament le renforcement du dispositif de contrôle des prix sur le marché afin de décourager les pratiques commerciales nuisibles au pouvoir d’achat des populations ; la reconduction des mesures spéciales de soutien au profit des entreprises privées impactées négativement par le Covid-19 et l’augmentation du SMIG suivie de la hiérarchisation des salaires y afférente. Aussi demandent-ils l’augmentation de l’indice salarial à compter du 1er Janvier 2022, conformément aux engagements pris en décembre, en vue de revaloriser les salaires des agents de l’État en fonction et les pensions de retraite ; l’engagement formel du gouvernement pour une revalorisation annuelle systématique des salaires et des pensions de retraite planifiée sur les quatre prochaines années et la réappropriation du dialogue social comme outil essentiel de gouvernance et l’apurement intégral de toutes les dettes salariales dues aux agents de l’État avant la fin de l’année 2022. D’après la motion, les Confédérations et Centrales syndicales (Csa-Bénin,  Cosi-Bénin, Cgtb, Unstb,  Cspib et  Csub) signataires de cette motion de protestation  restent toujours disponibles pour échanger avec le gouvernement et les associations patronales en vue de trouver les solutions qui soulagent les peines des travailleurs et des populations.