Après quelques mois de vacances, les députés du Niger ont fait ce lundi 27 septembre 2021, leur rentrée parlementaire. La cérémonie solennelle qui a marqué ladite rentrée s’est déroulée en présence de plusieurs invités de marque dont le Président du parlement béninois, l’honorable Louis G. Vlavonou. Dans le discours qu’il a délivré pour la circonstance, le numéro 1 des députés béninois a mis l’accent sur les liens multiséculaires qui unissent les peuples du Niger et du Bénin. C’est d’ailleurs au regard desdits liens qu’il a appelé au renforcement des relations de bon voisinage, porteuses de paix et de développement pour les deux pays et les deux peuples liés par l’histoire, la géographie, la politique…

El-Hadj Affissou Anonrin

Selon les faits historiques auxquels le Président Louis G. Vlavonou a fait allusion, « le Niger est une région dont le peuplement remonte à la préhistoire, comme l’attestent les outillages anciens en céramique et en métal, les gravures et peintures rupestres ou encore les restes de squelettes bien alignés retrouvés sur les sites de Bura dans le sud-ouest du pays ».

«.. Au Niger, il faut compter trois (03) grands groupes ethniques : les Haoussa ; les Zarma et les Peuls. Ce sont également des entités essaimées dans mon pays, le Bénin, sans occulter la présence remarquée des Yorubas, Dendis, Mossis et Bambaras », a rappelé le Président du Parlement béninois. Au plan politique, ce ne sont d’ailleurs pas des points de rapprochement qui manquent comme le narre si bien le Président Louis G. Vlavonou. On peut en effet retenir qu’en 1900, les Français font du Niger un territoire militaire administré à partir de l’ancien sultanat de Zinder. Il devient une colonie française en 1922 dont le premier gouverneur fut Jules Brévié. « Après le Bénin le 04 décembre 1958, le Niger devient une République autonome au sein de la Communauté française le 18 décembre de la même année, malgré une campagne pour le « non » au référendum menée par Djibo Bakary, opposé au chef du gouvernement Hamani Diori. Le 3 août 1960, après le Bénin le 1er août, le Niger accède à l’indépendance et Hamani Diori (1916-1989) est élu président de la République par l’Assemblée nationale. L’opposition avec Djibo Bakary devient de plus en plus forte. Ce dernier est contraint à l’exil à la veille de l’indépendance, bien que bénéficiant du soutien du camp progressiste ouest-africain (Kwamé Nkrumah, Ahmed Sékou Touré) », a aussi rappelé le Président Vlavonou. Il n’a pas manqué de mettre l’accent sur les relations développées au plan sous-régional par  le Bénin et le Niger qui sont, entre autres membres: du Conseil de l’Entente créé en mai 1959 par la Côte d’Ivoire, le Niger, la Haute Volta (maintenant le Burkina-Faso) et le Dahomey (maintenant le Bénin) ; de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dont le Niger adhère en 1975 ; de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (Uemoa) où nous partageons le Cfa ensemble. Pour le Président Vlavonou, ce n’est pas pour rien que, voulant fortifier et renforcer ces liens historiques, le Niger a choisi le Bénin pour écouler sur l’extérieur, ses réserves de pétrole.

 Tous unis contre le terrorisme et l’extrémisme violent

Toujours dans son discours, le Président Louis G. Vlavonou a réitéré aux parlementaires nigériens le soutien indéfectible de leurs homologues béninois à s’engager résolument à leurs côtés pour bouter hors du Niger le terrorisme et l’extrémisme violent. « …Nous sommes très préoccupés et consternés par la situation qui prévaut au Sahel et dans le bassin de Lac Tchad. Nous avons aussi pleinement conscience, au Bénin, qu’au-delà  de la protection légitime et nécessaire des populations civiles, victimes impuissantes et prises au piège de l’intolérance religieuse et de l’extrémisme violent, l’enjeu de votre lutte, c’est, en définitive, la survie des institutions démocratiques de votre pays, comme c’est du reste le cas dans d’autres Etats également touchés par ce phénomène. L’heure semble donc venue pour nous, représentants légitimes des peuples et démocratiquement élus, de jouer notre partition dans cette lutte, noble et salutaire, et je voudrais, à cet égard, me féliciter aussi de la tenue récente à Vienne, en Autriche, le 09 septembre dernier, du Premier Sommet parlementaire mondial sur la lutte contre le terrorisme, en saluant l’importante déclaration qui en  est issue », a dit le Président Vlavonou.

Saisissant l’occasion de la mission qu’il conduit, le Président Louis G. Vlavonou a annoncé qu’il est porteur d’un message de soutien de son S.e.m. Patrice Talon, Président de la République du Bénin et de son gouvernement à S.e.m. Mohamed Bazoum, ainsi qu’à l’ensemble du peuple nigérien en lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

 Niger : un Etat de droit qui se consolide

Pour le  Louis G. Vlavonou, le Niger peut être désormais citer en exemple qu’on voudra parler des Etats démocratiques grâce à la volonté de son peuple qui a su relever , avec courage et détermination, le défi remarquable de l’organisation effective et réussie des différentes consultations électorales échues, démontrant, par la même occasion, sa foi assumée dans la démocratie ainsi que sa volonté inébranlable d’édifier un Etat de droit au Niger. « Il est souhaitable que des modèles de ce genre fassent de plus en plus école partout sur notre continent. Le Bénin, mon pays s’y attèle depuis son renouveau démocratique en 1990 », a-t-il dit d’ailleurs.

Comme à ses habitudes, il a rappelé aux députés Nigériens qu’ils appartiennent à une institution de contre-pouvoir et non pas une institution contre le pouvoir. « Cela suppose une collaboration harmonieuse dans une distribution des pouvoirs entre les fonctions législative, exécutive, et juridictionnelle de l’Etat dans le respect des missions et des prérogatives de chaque organe en vue de la réalisation du bien commun », a-t-il martelé avant de rendre un hommage bien mérité à son homologue Séïni Oumarou, Président de l’Assemblée Nationale du Niger.

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