Les entreprises en charge des travaux  ont été  surprises lundi 21 septembre 2020 dernier lors de la séance d’échanges avec les responsables de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) par les statistiques effarantes de désagréments qu’elles causent à sa clientèle. Lassée par les  plaintes des clients à cause des coupures intempestives dues aux piochages de câbles pendant la réalisation de leurs travaux, la Sbee a exposé ses ennuis avec les auteurs qui ont pris conscience des dommages qu’engendre cette situation indépendamment de leur volonté.

Interpellée par les clients et les autorités au haut niveau,  sur les coupures intempestives observées sur le réseau électrique, la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) rompt le silence et prend langues avec les auteurs. Dans une atmosphère conviviale ponctuée de sensibilisation au cours de la rencontre qui s’est tenue ce  lundi,  le Directeur Général de la Sbee, Jacques Paradis a démontré aux entreprises leurs responsabilités, et dans l’incapacité de la Société à répondre aux plaintes de la  clientèle lors de ces coupures intempestives dues au piochage des câbles. Et les statistiques sorties affolent et  surprennent. « On a eu une première réunion sans succès. La semaine dernière, on a encore constaté des piochages de câbles.  De janvier 2020 à ce jour, il y a eu 37 câbles qui ont été piochés, ce qui fait une moyenne d’un câble  pioché par semaine. A la Direction Régionale Littoral 1 (DRL1), il y a eu 26 piochages de câbles enregistrés ces dernières semaines, 82.000 clients ont été touchés par des coupures. Et ainsi de suite. Ce qui fait pour les 37 câbles piochés un total de 114.000 clients sur 612.000 que compte la Sbee. Soit un total de 17% de notre clientèle est touché par des coupures pour 293.000 Kw d’énergie non distribuée », s’est-il désolé. Pour les Directeurs régionaux Littoral 1 et Littoral 2, Roger Gbègan et Claude Dossou, c’est l’œuvre des ouvriers recrutés par les entreprises en charge des travaux de quelques  projets et autres qui  causent  d’énormes désagréments non seulement aux agents de la Sbee qui doivent rechercher les pannes, mais surtout aux paisibles populations qui doivent jouir de l’énergie électrique. « Le comble, il y a certaines entreprises qui mettent hors tension le réseau sans aucune permission et sans aucune autorisation préalable de la Sbee », a martelé Roger Gbègan. « Nous leur demandons de faire l’effort de respecter les consignes que nous leur donnons. Et lorsqu’il y a un problème, qu’on ne passe plus des heures à chercher. Et ce n’est pas aisé de chercher une panne là où le câble est à 1,5 mètres dans l’eau parce que cela nécessite beaucoup de débauche », a renchéri Claude Dossou.

Prise de conscience et engagements  des entreprises

Tour à tour, les représentants des entreprises ont été surpris des statistiques et ont pris conscience des désagréments que causent ces  piochages enregistrés qu’ils estiment, sont souvent dus au défaut d’harmonisation entre les plans existants et les nouveaux. « Nous travaillons de commun accord avec les Directions régionales et les points focaux de la Sbee. Mais à certains endroits, nous demandons les plans que malheureusement nous n’avons pas. Et ça ne manque pas de trouver des câbles là où on ne les espérait pas », a déclaré Marc Komlagan, Directeur des projets d’Ofmas. Pour Sosthène Boko, Directeur des travaux  de Sogea Satom, il faut de la prudence dans l’exécution des travaux. « Ce qu’on peut retenir, c’est que nous faisons beaucoup plus attention à l’avenir. On a du matériel pour scanner le sol afin d’éviter d’éventuels piochages. Nos ouvriers sont sensibilisés à cet effet », a-t-il ajouté. Il revient alors aux entreprises de multiplier la sensibilisation au niveau de leurs ouvriers et manœuvres.  « Je sais qu’avant tous travaux, nous sommes désormais tenus d’informer la Sbee afin d’éviter d’autres casses », s’est engagé Stéphane Noubissi, Conducteur des travaux-réseaux à Colas Afrique. Pour Ninon Ahoudjinou Assistant du Dg/Sbee, il est à retenir de cette séance d’échanges et de sensibilisation que, les entreprises ne doivent plus faire des travaux sur le réseau électrique sans informer au préalable la Sbee.  « La première chose, c’est d’informer. Et la deuxième, c’est de communiquer », a-t-il averti.  Comme solution à court et moyen termes, Ciss Cheik Mara, Représentant du ministère de Cadre de vie a souhaité que la Sbee mette en place un manuel de procédure afin de déterminer la démarche à suivre par les entreprises. « C’est vrai que des câbles sont piochés. Mais, le problème sur lequel il faut mettre le doigt, c’est le plan qui  n’existe pas. Alors, qu’on sorte un manuel de procédure qui indiquera la démarche à suivre », a-t-il conclu.

Junior Fatongninougbo

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