Présents aux palais de la Marina dans le cadre de l’exposition ; Arts du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la restitution à la révélation, les 26 trésors royaux restitués au Bénin par la France continuent de faire parler d’eux. Le professeur titulaire des Universités et historien de l’art, Romuald Tchibozo pense que les artistes béninois doivent s’inspirer davantage de ces œuvres pour porter aussi haut leurs productions.

Daniel DASSI

Après 129 ans passés en Europe, les 26 trésors royaux du Bénin continuent de rayonner. L’historien Romuald Tchibozo est étonné et pense que les artistes contemporains doivent aller à l’école des anciens. « Nos ancêtres ne faisaient rien à moitié. Ils étaient au complet et faisaient vraiment tout au complet », ainsi s’exprimait l’universitaire qui n’a pas tardé à inviter les artistes béninois d’aujourd’hui à aller vers la vieille école. Romuald Tchibozo estime que c’est le travail de haute portée que les sculpteurs du Dahomey d’alors ont réussi à faire qui donne encore du sens à la fierté de réussir à ramener au Bénin leurs œuvres pillées depuis 1892.

Pour lui, ces œuvres ont une aura très élevée. Puisque, une fois qu’elles sont entrées dans la collection française, elles n’ont pas eu besoin d’une médiation particulière pour qu’elles rayonnent.  Elles ont suffi à elles-mêmes pour faire parler d’elles. C’est le sens de l’appel de l’historien d’art aux artistes aujourd’hui. Il les invite à ne plus rester dans le superficiel, mais plutôt à réaliser des œuvres qui doivent vivre sans eux. Des œuvres qui doivent elles-mêmes faire leur médiation. « Même si on sait qu’aujourd’hui la médiation est organisée de par le monde, il faut réussir à profondément travailler,  pour qu’après vous, vos œuvres survivent.», a-t-il conseillé aux artistes contemporains.

A ses dires, c’est un peu ce que nos ancêtres ont déjà fait depuis des siècles. Et puisque, ce n’est pas une question nouvelle, la génération actuelle doit mieux faire.Pour l’universitaire, les 26 œuvres restituées doivent « nous permettre à nous tous de sortir de notre fainéantise intellectuelle. Et que nos artistes sortent également des sentiers battus des lieux communs de production et qu’ils portent leurs œuvres à un niveau vraiment supérieur ».

Romuald Tchibozo se demande comment-a-t-on réussi à faire une sculpture comme celle du roi Ghézo qui pèse énormément (220kp) ? C’est vrai, il peut y avoir des dimensions immatérielles, mais comment se fait-il que depuis que ces œuvres ont été dessouchées, ces dimensions continuent à agir sur elles? On doit se poser des questions. Il estime que ceci veut dire que les anciens étaient allés très loin dans leurs productions.

Le professeur titulaire des universités pense qu’aller loin doit être le but que les artistes d’aujourd’hui doivent tant rechercher dans leurs différentes productions. Il a pour finir à encourager les professionnels des médias à effectuer des recherches pointues sur des questions toutes aussi pointues que sur une sculpture. Parce que chacune des œuvres qui sont revenues est une directive de recherche. Selon lui, aucune culture ne peut longtemps continuer à se développer, à se vendre sans être contextualisée.