A l’initiative conjointe de l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (Abpf) et de l’Assemblée Nationale, des députés de la 8e législature étaient du 07 au 09 octobre 2021, à un atelier de renforcement de capacités sur l’Education à la santé sexuelle. La rencontre tenue à Grand-Popo, a été organisée en prélude à la modification prochaine du principal texte qui régit la matière au Bénin. L’atelier a été ouvert par Louis G. Vlavonou, Président du Parlement béninois.

Les séances d’échanges entre députés, membres du réseau des parlementaires pour les questions de population et développement et responsables de l’Abpf sont rentrées dans les habitudes. Mais la particularité de cette énième rencontre, c’est qu’elle est l’aboutissement d’un processus. La Présidente de l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille, Judith Maffon Gbèhinto l’a précisé, lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier. « Un atelier organisé par l’Abpf sur la santé sexuelle et reproductive s’est déroulé en ces mêmes lieux du 15 au 17 septembre 2020 avec la participation active de plus de 40 députés de la 8e législature. L’une des principales recommandations de ces assises eut été de revoir la loi 2003 sur la santé sexuelle et reproductive au Bénin. Nous nous réjouissons que ce point très important, ait été suivi d’actions concrètes », a dit Mme Gbèhinto dans son discours pour mettre l’accent sur l’excellence de la collaboration entre son Association et le Parlement béninois. D’ailleurs, la principale action concrète de ce partenariat agissant, est l’examen prochain du projet de loi portant modification de la loi N° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction en République du Bénin. C’est le quatrième point inscrit à l’ordre du jour de la 3e session extraordinaire de l’année 2021, qui s’est ouverte le jeudi 07 octobre 2021 à l’hémicycle. Une initiative dont se réjouit la patronne de l’Abpf très convaincue que l’examen dudit projet de loi aboutira à l’amélioration de la loi sur la santé sexuelle et reproductive pour le bien-être des populations béninoises.

 Des préalables

Pour Louis G. Vlavonou, « tant il est vrai que l’Assemblée nationale attache un intérêt particulier et encourage fortement toutes les initiatives relatives à l’éducation de la santé sexuelle et de la reproduction, tant il convient de souligner que la santé ainsi que les droits sexuels et reproductifs revêtent une importance essentielle pour rendre les femmes et les filles autonomes ».D’ailleurs, il a été on ne peut plus clair car selon lui, pas question de légiférer pour encourager l’avortement qui, selon lui, « L’avortement est une négation de l’égalité entre l’homme et la femme parce que la légalisation sur l’avortement sera l’occasion pour de nombreux hommes d’imposer l’interruption ‘’volontaire’’ de la grossesse à leurs femmes ou à leurs compagnons ».« Nous devons faire attention. Car la vie d’une société prospère dépend de la vitalité de l’enfance et de la jeunesse. Nous avons besoin de bras valides pour le développement », a conseillé le Président Vlavonou citant son prédécesseur Adrien Houngbédji pour qui, « Il n’y a de richesse que d’hommes ».

 Des communications enrichissantes

En attendant d’enclencher l’amélioration de l’environnement législatif des droits à la santé sexuelle et de la reproduction au Bénin, les parlementaires ont suivi plusieurs communications au cours de l’atelier. L’une a porté sur l’état des lieux de la santé sexuelle et reproductive au Bénin. Les problèmes y afférents ont été passés au peigne fin devant les députés par Lookman Tidjani et Kader Avonon, deux experts commis pour la tâche. Entre autres : le taux élevé des grossesses non désirées récurrentes, le recours à l’avortement dans des conditions précaires, la faible légitimité des textes de loi en la matière…

D’autres questions liées à la santé de la reproduction ont été aussi abordées. Il s’agit notamment des questions du genre, du sexe, de l’épanouissement sexuel, des violences et de la problématique de la diversité sexuelle. Au cours des travaux, la nécessité pour l’Etat de renforcer le financement dans le secteur de la santé afin de faciliter davantage l’accès des femmes et Filles aux méthodes de planification, a été débattue. L’éducation complète à la sexualité n’est pas encore une réalité chez tous les jeunes, a fait remarquer à l’occasion, la Présidente de l’Abpf. A terme, la refonte des textes en vigueur sur la santé sexuelle et reproductive au Bénin que s’apprêtent à faire les élus du peuple, sera leur contribution à la promotion de la santé des jeunes, à travers une éducation sexuelle de qualité. Une réalité dont ceux-ci se sont dit conscients tout au long des échanges tenus dans la ville balnéaire de Grand-Popo.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici