À l’initiative du ministre Dona Jean-Claude Houssou, un atelier de sensibilisation et d’information a réuni, le mardi 08 juin 2021, les acteurs de la chaîne de dépenses budgétaires et les prestataires de services du ministère de l’énergie. Les travaux qui ont eu pour cadre l’Infosec à Cotonou, ont permis aux participants de prendre conscience des rôles qui sont les leurs dans la réalisation des projets et particulièrement pour la construction des réseaux électriques.

J.F

Le ministre de l’Énergie veut mettre un terme définitif aux constats de malfaçons, de mauvais suivi et contrôle observés par endroits dans la réalisation des réseaux électriques. C’est pourquoi il a mobilisé les acteurs de la chaîne des dépenses et autres partenaires du ministère de l’énergie afin de les sensibiliser sur la nécessité d’utiliser des matériels de qualité, pour une réalisation de qualité avec un suivi et contrôle de qualité. En effet, il est revenu à l’autorité ministérielle de constater que certaines parties de réseaux électriques ont été mal réalisées. La cause, c’est l’utilisation des matériels ne répondant pas aux normes techniques et l’absence parfois d’observances de règles de l’art dans la réalisation (Poteaux mal enfouis, transformateurs neufs éclatés, câbles Hta à terre, des chaînes d’isolateurs cassées). Pour Dona Jean-Claude Houssou, ces 2% de situations détectées, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Face à cet état de choses qui peut annihiler les efforts du gouvernement, le ministre a dit toute sa colère. A chaque fois qu’il y a défaillance, a-t-il souligné, ce sont nos concitoyens qui se retrouvent en difficultés notamment dans la rupture de l’approvisionnement d’énergie électrique. C’est de l’argent public, l’argent du contribuable qu’on a mobilisé et cet argent pouvait aussi servir à autre chose pour accélérer le développement de notre pays », a-t-il fait observer. Pour que ces genres de situation ne se répètent plus, le numéro 1 de l’énergie au Bénin a souhaité que les équipes de réception soient dorénavant constituées d’assez de techniciens. Il a aussi souhaité une vigilance accrue dans l’exécution des travaux, la passation des marchés publics et la gestion du bien public.  « Nous devons améliorer la qualité des travaux que nous réalisons: constructions de nouvelles centrales électriques, de nouveaux réseaux de transport et de distribution d’électricité, l’électrification rurale, la fourniture des kits de branchements… Il faudra aussi faire assurer des prestations de suivi et de contrôle de qualité digne de ce nom et à la hauteur de l’enjeu qu’est l’autonomisation énergétique », a indiqué Dona Jean-Claude Houssou qui met un accent particulier sur le sérieux, l’exemplarité et la rigueur qui doivent être de mise au niveau de chaque maillon de la chaîne. Pour le Directeur de la programmation et de la prospective, Hermann Zimé, cet atelier vient à point nommé, car intervenant à l’entame d’un nouveau quinquennat que le chef de l’État a placé sous le signe de la bonne gouvernance et du social. De ce fait, a-t-il confié, cela nous oblige à fournir des ouvrages de qualité aux populations. « Ces 5 dernières années, nous avons constaté quelques couacs en termes de qualité des infrastructures réalisées par endroits. Les prestataires de services et les acteurs de la chaîne des dépenses budgétaires ont alors pris l’engagement d’accompagner le ministère dans le strict respect des exigences, principes et règles fixés par la loi. A l’intérieur, des mesures vont être prises pour qu’au grand jamais on ne connaisse plus ce genre de situation », a-t-il informé. Même son de cloche avec Serge Kahi, un partenaire privé du ministère. « Quand il y a 2 pourcents du réseau mal construit, c’est plus de 98 % de la population qui seront impactés. Nous, en tant que partenaires, nous prenons l’engagement d’acheter des matériels de qualité. De même, nous tâcherons d’envoyer nos techniciens en formation de renforcement de capacités », a-t-il promis.

Ils ont dit

Le directeur de cabinet du Ministre : Armand Dakéhoun

 « Notre responsabilité est engagée, et nous devons nous organiser pour que ces genres de situations ne se répètent à l’avenir. Notre secteur est en priorité, et on nous regarde de partout. Ce qui nous a été présenté par l’Aberme concerne certes des projets par raccordement au réseau. Mais nous avons des cas également en matière d’électrification rurale décentralisée. Ce qu’on est en train de dire concerne l’électrification dans son ensemble. Il n’y a pas que les projets par raccordement au réseau. Et si nous avons opté pour un réseau relativement de bonne facture, c’est pour que nous puissions garantir la durabilité. Il n’est donc pas bon que, face à cette situation, on constate que ça tombe à droite ou à gauche et que nous nous retrouvons dans des difficultés. Nous devons assainir le marché du matériel électrique de réseau notamment. Un autre problème, c’est la question des poteaux béton. Nous avons maintenant des usines de fabrication de poteaux béton, mais il y a des normes à respecter. Un poteau béton qui se casse facilement quelques temps après sa fabrication, ça pose problème. Il faudrait nécessairement assainir aussi le marché des poteaux béton. La demande est forte. Nous le reconnaissons. Mais, il faudrait des agréments en bonne et due forme pour que les entreprises qui acceptent d’y investir nous donnent des produits de qualité. Je voudrais qu’on puisse étendre les innovations de la Sbee à l’Aberme également pour renforcer le processus et faire en sorte qu’il soit mieux organisé pour faire face à une bonne réalisation des ouvrages compte tenu  de l’envergure des investissements qu’on y consacre… »

Dg Controlec : Masmoudi Saîzonou

« Moi, je pense que ce sont les mœurs qu’il faut assainir. C’est une question de sociologie d’anthropologie de l’administration publique béninoise. Qu’on puisse faire l’effort dans un élan de patriotisme, de civisme. Pensons tous à l’intérêt général et donnons plutôt priorité à la finalité. Si on met à notre disposition 100 unités, il faut qu’au moins 98 pourcents puissent atteindre la cible. Malheureusement, dans le bilan de ce genre de situation on ne voit jamais apparaître la moralité, la réputation et la compétence des hommes qui l’animent. C’est pour cela que quand il s’agit des hommes, il faut la sensibilisation, la formation  et également des mesures coercitives. Lorsqu’on apprend qu’il y a eu des missions de contrôle et qu’on voit des choses comme ça, cela interpelle. C’est une question d’homme. Lorsqu’on vous remet 100 unités que vous devez remettre à un entrepreneur pour réaliser un travail et que vous lui demandez 25 unités pour vous-même, il est obligé de tricher sur le dosage et les sections, parce que il a aussi un bénéfice à faire. Faisons l’effort de mettre l’intérêt ailleurs, parce que dans notre pays nous avons cette culture d’être solidaires. On n’arrive pas à dire non là où il faut le dire. Nous avons très peu la culture du bien public. C’est ça qui fait que nous manquons de comportement citoyen… »

Dg Aberme : Francis Tchékpo

« C’est malheureux d’observer des situations de ce genre sur des réseaux prévus pour être exploité  pendant des dizaines d’années, mais qui déjà un an  ou deux ans se retrouvent dans cette situation. Des efforts sont en train d’être faits au niveau de l’Aberme et de la Sbee pour parvenir à un niveau zéro d’imperfection sur les réseaux construits, parce que quand on connaît ce à quoi ils sont destinés, on doit savoir qu’il faut faire des efforts pour qu’on ait zéro cas d’imperfection. Les lignes électriques ne sont pas des routes. Pour une route, lorsqu’il y a des imperfections là-dessus, l’incidence pour les populations est mineure. Par contre, lorsqu’il s’agit de l’électricité, non seulement des vies humaines sont en danger, mais toute une communauté peut se retrouver privée d’énergie pendant des semaines. Au-delà de toutes ces questions, je voudrais remercier le ministre pour les décisions prises par rapport à la suspension de ces entreprises fautives de la participation à tout processus de passation de marchés publics. C’est un signal fort que le ministre a lancé, et je le soutiendrai toujours pour ça. Car c’est un combat qu’on a commencé à mener depuis des années. Je voudrais souhaiter qu’on aille un peu plus loin, parce qu’il y a la grande question des commissions de réception ».

Gabriel Konan Abee : Associations de consommateurs

« Je remercie le ministre d’avoir une idée d’organiser cet atelier. Selon moi c’est le meilleur que nous avons eu à organiser ces derniers mois. C’est le vrai problème que cet atelier a touché. La qualité du réseau et aussi les mesures prises pour que ce phénomène ne se reproduise plus. C’est une occasion pour nous de féliciter le gouvernement et tous les acteurs qui sont dans le secteur. A  l‘Abee, nous jouons déjà notre rôle de sensibilisation et de veille. C’est le moment d’apporter plus loin ces informations afin que chacun de nous puisse comprendre ce qui se fait et que les sociétés prestataires puissent comprendre que les choses ont changé aujourd’hui ».

ArounaAkobi de Oladékan services

 « Cet atelier vient renforcer le partenariat entre le ministère et les entreprises. Nous prenons acte de respecter et de suivre les instructions qui ont été données. 2% de réseau mal construit pour ma part, c’est 98 % de mauvaise organisation. Nous prenons l’engagement de respecter les instructions du maître d’ouvrage pour que les réseaux se réalisent dans de bonnes conditions ».

Schouaïbou Atchadéde Emerco Sarl

 « Nous prenons l’engagement de faire corriger ces irrégularités pour que les réseaux qui seront construits soient de bonne qualité. Nous remercions les autorités qui ont eu à proposer des réformes dans le sens de l’amélioration de tout ce qu’on fait. Avant tout, ces ouvrages sont pour nous-mêmes et les populations ».

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