Sous les hospices du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Éléonore Yayi Ladekan et en présence des Ministres Aurélien Agbénonci des Affaires Etrangères et Jean-Michel Abimbola en charge de la Culture, le Professeur Romuald Tchibozo a présenté les grandes lignes des préoccupations scientifiques du Bénin après la restitution des trésors royaux du Bénin. C’était, le mercredi 27 octobre 2021, au cœur des échanges des travaux de la partie scientifique de la semaine culturelle du Bénin édition 2021 qui s’est déroulée au Musée Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. Cette rencontre a connu la participation des chercheurs béninois et français à Paris.

Victorin Fassinou

 Au cours de cette rencontre scientifique, la délégation béninoise composée d’universitaires de hauts rangs, n’a pas fait piètre figure. Le Professeur titulaire Romuald Tchibozo, à l’instar des différents conférenciers qui ont planché au cours de ce rendez-vous scientifique, a épaté toute l’assistance de par la qualité de la synthèse des travaux et sa communication sur « La migration des objets d’art dans une histoire globale’».  Les différents échanges scientifiques ont permis de mettre en lumière le travail qualitatif de recherche et de transfert de compétences effectué depuis de longs mois par les experts béninois et Internationaux dans le cadre du processus de restitution des Trésors royaux du Bénin.  Ce rendez-vous scientifique tenu dans le cadre de la semaine culturelle du Bénin au Musée du Quai Branly Jacques Chirac à Paris, a connu la participation des chercheurs, des muséographes et des scientifiques venus du Bénin et de la France. A l’occasion, les experts présents ont rassuré de ce qu’au terme de la restitution de 26 œuvres des trésors royaux au Bénin, ils continueront à mutualiser leurs compétences et ressources aux fins de documenter davantage l’histoire mémorielle de l’humanité. La rencontre scientifique a une fois de plus, fait révéler le Bénin  l’auditoire du musée, le monde à travers les réseaux comme YouTube et confirme qu’il reste et demeure le quartier Latin de l’Afrique francophone.  Ceci au regard des différentes présentations données par les experts venus du Bénin.

L’homme félicité par le Président du Musée du Quai Branly

Désigné pour travailler avec le binôme français sur le colloque, le professeur titulaire Romuald Tchibozo, Coordinateur de la filière Histoire et archéologie de l’École Doctorale Pluridisciplinaire de l’Université d’Abomey-Calavi a été plusieurs fois félicité et remercié par les organisateurs, en l’occurrence, par le Président du Musée du Quai Branly lors de l’ouverture de la rencontre. Primo, pour ses contributions à la tenue de ce colloque. Et secundo, pour son entière disponibilité aux travaux de ce rendez-vous scientifique. Dans son intervention, le professeur titulaire Romuald Tchibozo a d’entrée, salué l’effort du gouvernement du Bénin qui vient de faire voter à l’Assemblée Nationale une loi ambitieuse sur le patrimoine. « Nous devons cependant, aller plus loin, faire plus de place à la réflexion profonde et moins d’espace aux interventions ad hoc qui font des opportunistes, des acteurs culturels sur le terrain… »

Il a ensuite souligné, le caractère singulier de ce moment redouté depuis si longtemps en rappelant les appréhensions du penseur français Paul Ricœur qui écrivait déjà en 1961 : « Nul ne peut dire ce qu’il adviendra de notre civilisation quand elle aura véritablement rencontré d’autres civilisations autrement que par le choc de la conquête et de la domination … Nous voici à cette rencontre autrement que par le choc de la force et je crois, pour ma part, que ce scepticisme va disparaître petit à petit et laisser place à la compréhension interculturelle. C’est ce que, je crois, les deux Présidents de nos pays ont osé faire, (Bénin et la France », a laissé entendre le professeur Tchibozo qui a entretenu l’assistance sur ‘’ La migration des objets d’art dans une histoire globale ». « Nous sommes ici en face d’une histoire relationnelle, qui fait intervenir plusieurs espaces pour l’observation et les analyses. Il est aussi utile de souligner que dans cette perspective, les échanges, les influences entre sociétés et cultures, ne se font pas seulement à sens unique, mais souvent à double sens et qu’il y a des circulations culturelles, des circulations de savoirs, qui s’établissent entre espaces dominés et espaces dominants. Pour le Professeur titulaire, c’est un grand jour pour les relations franco-béninoises pour de multiples raisons. Ce qu’on célèbre, c’est le retour dans le patrimoine de l’Etat du Bénin, de certaines œuvres du trésor royal de l’ancien royaume du Danxomè. « Déjà célèbres à Agbomè, elles ont pris une autre dimension par leur présence. Ce qui intéresse le gouvernement du Bénin, entre autres, c’est qu’elles contribuent à son rayonnement culturel et touristique… », a dit le Professeur Tchibozo.

Des échanges scientifiques fructueux

Il a également insisté sur les axes de la coopération scientifique qui tournent essentiellement autour de l’intensification des recherches sur les objets dans des équipes pluridisciplinaires et surtout, les bassins de sa collection ailleurs qu’en France, notamment même sur le territoire béninois et en Afrique. Les nouveaux musées doivent être des centres de recherche par excellence. Les projets de recherche et les financements adéquats doivent aider à aller plus vite.

D’autres interventions qui ont retenu l’attention des conférenciers, ont été celles faites par Paul Akogni, Directeur du Patrimoine culturel du Bénin qui a porté sur  « La restitution des biens culturels, entre enjeu culturel et essor d’une économie muséale et patrimoniale au Bénin » ; la « Présentation des fonds et des archives du Service Historique de la Défense »  développée par  Donatienne Ruby – Nougaret, adjointe de la cheffe de la division des archives de la Guerre et de l’armée de Terre.

Felicity Bodenstein, Historienne de l’art, Spécialiste de l’histoire des musées et des collections, Maîtresse de conférences de l’Université de Sorbonne, a axé sa communication sur : « Le système de ‘prize’ britannique : le cas du Bénin, 1897 ».  Gilles Ferragu, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Paris Nanterre et Adjoint au Chef de la Division recherche, études, Enseignement au sein du Département Histoire et symbolique du Service historique de la Défense, quant à lui, a fait une « Présentation des expéditions militaro-scientifiques françaises et européennes et Contextualisation des expéditions militaires ».

Dans le registre des communications, le directeur du Département de l’enseignement et de la recherche au musée du quai Branly Philippe Charlier,  et l’Archéologue  maître de conférences à l’Université Abomey – Calavi Didier N’Dah, ont livré des études sur des techniques et leurs expériences sur des recherches archéologiques effectuées sur le site d’Abomey. « L’histoire d’objets » et « Le parcours des objets d’Abomey » ont été respectivement présentés par   Didier Houénoudé, Enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi et Gaëlle Beaujean, Responsable de collections Afrique au musée du Quai Branly –Jacques Chirac.  L’ensemble de ces différents échanges scientifiques ont permis de mettre en lumière le travail qualitatif de recherche et de transfert de compétences effectué depuis de longs mois par les experts béninois et Internationaux dans le cadre du processus de restitution des Trésors royaux du Bénin.

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