Plus de 700.000 enfants sont nourris à travers le  Programme national d’alimentation intégrée (Pnasi), initiative du gouvernement mise en œuvre par le Programme alimentaire mondial (Pam).  De l’achat des vivres à la distribution dans les écoles à cantine, des précautions sont prises à tous les niveaux  pour garantir la qualité des vivres distribués  et des repas sains  aux enfants.

Donner à manger des repas sains aux enfants amène à mettre des garde-fous dès le début, c’est-à-dire dès l’achat des vivres. Programme, budget, procurement et logistiques. Telles sont les différentes étapes qui entrent en ligne de compte dans le processus d’achat des vivres locaux par le Programme alimentaire mondial (Pam) pour le compte du Programme national d’alimentation intégrée (Pnasi), initiative du gouvernement mise en œuvre par le Programme alimentaire mondial (Pam).D’après l’équipe du  Pam Bénin, la première étape de ce processus  qui est celle du « programme » évalue les budgets et communique les besoins. Le deuxième niveau qu’est le « budget » précise la pertinence des achats. La troisième étape « Procurement » quant à elle, identifie les fournisseurs et sélectionne les fournisseurs. La dernière étape « logistique », fait la répartition  des vivres tout en suivant les résultats et les rapports des laboratoires de contrôle et le traitement phytosanitaire. Le Pam fournit des rations sèches. Il y a le riz, le maïs, le niébé qu’il  achète localement. Il y aussi le sel qu’on achète sur le marché régional et le pois jaune sur le marché international et aussi l’huile sur le marché international qui rentrent dans le panier alimentaire qui est distribué dans les cantines.

Le processus d’achat des vivres

Avant tout achat de vivres, aux dires du  chargé des achats au Pam Désiré N’Da, le Pam identifie à travers des procédures de manifestation d’intérêt des potentiels fournisseurs qui sont sur le marché et avec ces fournisseurs. Il y a un Comité qui est mis en place, qui se charge d’évaluer les fournisseurs ou les prestataires pour qu’ils soient sur la liste du Pam en fonction de leurs capacités, leur expérience dans le domaine. Une fois inscrits dans la base, ces fournisseurs  sont invités pour participer aux  appels d’offres du Pam. « Nos appels d’offres ne se font pas comme on le fait par le passé sous pli fermé, non ! Le Pam a innové, c’est à travers une plateforme électronique que les fournisseurs s’inscrivent. On les assiste pour l’inscription. On les forme. Et c’est à travers cette plateforme-là qu’on leur envoie l’appel d’offres et eux en répondant, nous ramènent l’appel d’offres. C’est pour sécuriser, pour la fiabilité, l’impartialité et tout dans le processus », précise M. N’Da. De ses précisions, il y a un comité qui évalue les offres dès que le  Pam les reçoit, fait des recommandations au management qui l’approuve. Une  fois que c’est approuvé, c’est à ce moment que les contrats de bons de commande sont faits pour que le fournisseur ou le prestataire commence à faire ce qu’il a à faire.

 

Le respect des normes

« On fait intervenir notre Superintendant, son rôle, c’est de vérifier la quantité et la qualité de ces produits que nous achetons. C’est après cela que le Pam peut les acheter et les distribuer dans les cantines. Le Pam attache beaucoup de prix à la qualité parce que ce sont des enfants qui vont être servis. Il faut qu’ils reçoivent la bonne qualité respectant les normes du Pam et aussi les normes du Bénin parce que le Bénin aussi a ses normes qui sont parfois un peu plus strictes que les normes que nous avons au Pam. Je  prends l’exemple de l’huile, le Pam a ses normes qui  sont un peu plus inférieures, le Bénin a des normes plus supérieures qui sont un peu plus dures mais on est obligé de respecter les normes du Bénin », confie M. N’Da. Le Pam, pour lui, ne certifie pas les produits. Il y a des normes et travaille en collaboration avec le Superintendant et un laboratoire accrédité par l’Etat béninois. Après prélèvement des échantillons, il  les transmet au laboratoire. Au Bénin, il travaille avec l’Agence béninoise de la sécurité sanitaire des aliments (Abssa) qui se charge de tester, d’analyser et  de fournir  les certificats pour dire que le produit est propre à la consommation humaine ou impropre à la consommation humaine. Dès que le rapport est transmis, c’est en ce moment que le fournisseur est informé.  Si le produit est bon, il peut déjà livrer. Si  ce n’est pas bon,  le Pam lui demande de mettre un stock à sa  disposition pour qu’il  puisse réévaluer. Dès que le dernier résultat n’est pas concluant un terme est mis au  contrat du fournisseur.

La répartition des vivres

L’acheminement des vivres  est également bien coordonné, renseigne le Chargé de Logistique chef de l’unité Logistique du Programme Alimentaire Mondial Joseph Assouto. Au niveau de chaque département,  précise-t-il, le Pam a eu une idée du nombre de bénéficiaires et la quantité qu’il faut pour servir ces bénéficiaires. C’est par rapport à ces paramètres qu’il évalue  les quantités à répartir vers ses entrepôts qui sont au nombre de huit (08). Il y a un entrepôt à Cotonou, 01 entrepôt à Lokossa, 01 entrepôt à Porto-Novo, 01 entrepôt à Bohicon, 01 à Parakou, 01 à Kandi, 01 à Djougou et puis 01 Natitingou. Donc, selon les aires que chaque entrepôt nous sert, il fait le calcul et la  répartition des  vivres vers les magasins compte tenu de la densité des écoles que ces magasins vont desservir.Le Pam mise beaucoup sur les achats locaux, c’est très important pour un pays parce que cela  permet de booster l’économie. « …Notre défi, c’est d’atteindre environ 90% d’achats de produits pour les cantines localement. Actuellement, nous sommes à environ 60 % parce que l’huile, le sel ne sont pas achetés localement et parfois le riz aussi. Mais si nous arrivons à avoir le riz localement en fonction des tonnages que nous avons besoin et que nous avons aussi l’huile  et le sel, on sera à 100%.  …. on sentira l’effet sur les populations qui sont impliquées dans ce processus de nourrir les populations dans un pays », indique  M. N’Da

La conservation des vivres

Une fois, les vivres acheminés vers les écoles, les dispositions sont également prises par les superviseurs du Pam,  les comités de gestion pour garantir la bonne qualité des consommables reçus. Prudencio Géraldo Chokki, médiateur à Adjarra nous parle des précautions prises par les comités de gestion pour une bonne conservation des vivres dans le département de l’Ouémé. « Les vivres sont conservés dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent durer et servir véritablement les enfants. Le sel iodé est conservé dans une plastique bien couverte ou dans un bidon bien fermé pour qu’il puisse garder l’iode et ne pas se liquéfier. Les légumineux (haricots et pois jaunes), livrés cette année sont  bien protégés. Ils sont enveloppés dans un sachet avant d’être mis en  sac. Les écoles n’ont donc pas eu, cette année,  de souci avec les charançons. Sinon généralement, elles passent leur temps à les sécher régulièrement.  Lorsque c’est bien sec, ces légumineux sont transvasés dans des bidons qui ont hermétiquement fermés et cela peut durer autant de mois qu’on veut.», rapporte M. Chokki. A ses dires, les écoles n’ont pas trop de  souci avec le riz envoyé. Sauf s’il y a de déchet, un tri est fait pour le rendre davantage propre. Les locaux dans lesquels sont entreposés les vivres sont régulièrement nettoyés. Avant l’arrivée des vivres, ces locaux sont pulvérisés par les insecticides. Les magasins sont souvent lavés avant d’accueillir les vivres. Des dispositions sont prises pour qu’aucun vivre ne rentre en contact avec le sol et le mur. Après chaque prélèvement, le magasin est régulièrement balayé pour éviter l’envahissement des bestioles et les rats. A l’instar des superviseurs des cantines scolaires, des parents d’élèves et des chefs d’établissement rencontrés,  M. Chokki témoigne que «Les vivres distribués par le Pam dans les écoles sont toujours de meilleure qualité ». Un label que le Pam devra garder pour une poursuite du programme national des cantines scolaires.

Victorin Fassinou