La Commission chargée du Contrôle des Structures de Prestations des soins Médicaux, à la faveur d’un point de presse, tenu  le vendredi 1er juillet 2022 au Ministère de la santé, a présenté le point de ses actions menées pour le 1er semestre de l’année 2022. De la présentation faite, le Coordonnateur de la Commission Pr Blaise Ayivi, au cours de ce semestre, la Commission a investigué 25 plaintes, assuré le contrôle de 351 centres de santé et hôpitaux ; et achevé le contrôle des laboratoires d’analyses biomédicales dans 10 départements du Bénin. Au cours de ce semestre, des déviances observées dans quelques formations sanitaires. Sept laboratoires ouverts dans des cabinets de soins ou cliniques médicales ont été fermés, car ils présentaient de nombreux écarts par rapport aux normes.

Victorin Fassinou

Les objets des plaintes sur lesquels la Commission chargée du Contrôle des Structures de Prestations des soins Médicaux  a axé ses actions de contrôle pendant le premier semestre de l’année, sont les accusations de soins et de comportements des agents de santé qui mettent en danger la vie des populations bénéficiaires ou qui ont entrainé le décès de patients ; les dénonciations de rançonnement de patients en détresse ou de vente illicite de produits de santé ;l’exercice illégal de la médecine ou en clientèle privée d’agents de l’Etat et l’ouverture de cabinets de soins non autorisés. Comme plaintes évoquées, il s’agit du détournement de fonds de campagne de la vaccination Covid par des agents de santé  et  de l’utilisation de l’énergie électrique et de l’eau des formations sanitaires à des fins commerciales. « Ces déviances ont été confirmées dans 17 cas sur 25. Les sanctions proposées vont de l’avertissement avec inscription au dossier à la rupture de contrat et la fermeture de cabinets de soins en passant par le blâme et la mise à pied de 3 mois. »,  a fait savoir le Coordonnateur de la Commission Pr Blaise Ayivi. Lors du contrôle dans les  formations sanitaires, la commission a constaté que  certains personnels de santé utilisent frauduleusement l’énergie électrique et l’eau des formations sanitaires à des fins commerciales. Ceux qui ont été épinglés ont eu à rembourser la consommation et des dispositions ont été prises pour que cela cesse. Au cours de ce 1er semestre de 2022,  152 laboratoires d’analyses biomédicales ont été contrôlés dans le but de renforcer la sécurité des résultats et de détecter des fuites de recettes. Tous  ces laboratoires contrôlés disposent au moins d’un personnel qualifié, le plus souvent des techniciens supérieurs de niveau licence professionnelle. Sept laboratoires ouverts dans des cabinets de soins ou cliniques médicales ont été fermés car ils présentaient de nombreux écarts par rapport aux normes ; il s’agit des laboratoires de la clinique d’accouchements eutociques « Siloé » de Djougou ; la clinique médicale « Espérance » de Glazoué ;la clinique gynécologique « Ayinadjayi » de Glazoué ;la clinique médicale « OkpéOluwa » de Dassa ; la clinique médicale « Kissamey » d’Aplahoué ; la clinique « Notre Dame de Lourdes » d’Ekpè et la clinique « La frontière » d’Ifangni.  Aux dires du Coordonnateur,  certains laboratoires aussi bien publics que privés ne possèdent pas dans leurs équipements un automate d’hématologie, faisant ainsi manuellement la Nfs, ce qui n’est plus permis. Ces laboratoires ont été interdits de réalisation de la Nfs. Les autres écarts identifiés qui retentissent sur la qualité des résultats des analyses biologiques sont entre autres, l’absence de supervision des laboratoires par la hiérarchie ; l’insuffisance de connaissance de la gestion de laboratoire par les responsables ; les vices dans le fonctionnement comme le suivi des équipements par la fiche de vie, la conservation des réactifs par le suivi journalier de la température des réfrigérateurs, la documentation des calibrages des appareils et des contrôles internes ou externes de qualité. Ces laboratoires ont reçu des délais pour se mettre aux normes.

« La fuite des recettes n’a pas pu être prouvée en raison de l’absence de fiches de stock des réactifs et des consommables, de rapports d’activités et de l’absence des recettes financières détaillées en fonction des examens réalisés. », a laissé entendre le Professeur Ayivi qui a saisi ce point de presse pour  attirer l’attention sur les vicissitudes de la pratique médicale qui est l’application des règles et principes de l’art d’assurer le diagnostic, le traitement et la surveillance des maladies. « Aujourd’hui la médecine est basée sur des preuves, ce qui fait recommander les bonnes pratiques. Au Bénin, la pratique médicale est caractérisée par des comportements néfastes des professionnels qui négligent le savoir, l’idéal et l’humanisme. Ces comportements entrainent souvent des erreurs médicales, des dysfonctionnements dans la prise en charge et parfois le décès du malade. « Pourquoi ces comportements néfastes des professionnels de la santé dans la pratique médicale ? Parce que l’environnement sans respect des normes, associé à l’impunité amènent à un changement de comportement de la société qui veut travailler moins et gagner vite beaucoup d’argent.», déplore le Coordonnateur qui souligne que des  efforts sont entrepris dans certains hôpitaux publics comme le Chud Borgou de Parakou et le Cnhu de Cotonou où des dispositions sont prises pour l’amélioration de la pratique médicale, mais cela ne suffit pas. D’après lui, pour améliorer la pratique médicale, l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé qui sera bientôt installée s’attachera à définir les normes de qualité et mettre en place les référentiels de soins ; conduire les processus de certification des établissements de santé et d’accréditation des praticiens médicaux et paramédicaux et à veiller au respect des pratiques médicales et paramédicales validées. « La Commission restera un bras armé de l’Ars et poursuivra les contrôles physiques des centres de santé et hôpitaux selon les indicateurs de la pratique médicale en vue d’identifier les écarts par rapport aux normes sanitaires. Elle poursuivra également les investigations des plaintes grâce au numéro whatsapp  de plainte qui est le  91 44 44 44.», a laissé entendre M. Ayivi qui invite tous à se faire vacciner en cette période où les mesures de prévention de Covid sont allégées,  pour que le Bénin évite une nouvelle flambée meurtrière, car le coronavirus est toujours là.