Le Parcpoge avec l’appui financier du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) continue de garder la main protectrice sur le renforcement des capacités du personnel de l’Assemblée Nationale du Bénin. Du 27 au 29 août 2020, il a organisé à l’hôtel Bel Azur de Grand-Popo un atelier au profit du Réseau des femmes parlementaires du Bénin sur les techniques d’animation et de plaidoyer avec à l’appui des notions sur les violences basées sur le genre.

A en croire Mme Florine Nago, Présidente du Réseau des femmes parlementaires du Bénin, l’activité vise à renforcer les capacités des femmes fonctionnaires parlementaires en vue d’améliorer leur contribution à l’atteinte des objectifs du Réseau. De façon spécifique, il est question d’améliorer les connaissances des participants sur les outils et méthodes de communication dans le cadre des séances d’animation et de plaidoyer; renforcer les aptitudes et les compétences des participants dans la mise en œuvre concrète des interventions de communication; faire l’état des lieux des différentes formes, manifestations et conséquences des Vbg ; échanger sur les moyens de prévention et les services disponibles en réponse au phénomène;  formuler des propositions d’actions susceptibles d’être menées par le Réseau dans le cadre de la prévention des Vbg dans la sphère privée, en milieu de travail et au sein des communautés en faveur des groupes cibles. Pour Mme Florine Nago, « La communication dans le cadre d’une sensibilisation ou d’un plaidoyer constitue un moyen essentiel pour assurer la promotion des normes et des comportements sociaux positifs ». « Basée sur un processus systématique, planifié et fondé sur des données, pour l’atteinte des résultats, elle est généralement appréhendée comme un processus à double sens pour partager des idées et des connaissances en utilisant une gamme d’outils et d’approches qui permettent aux individus et aux communautés de prendre des mesures pour améliorer leur vie », a-t-elle ajouté.  « En ce qui concerne les Violences Basées sur le Genre (Vbg), particulièrement celles à l’égard des femmes et des filles, elles représentent l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde », a poursuivi Florine Nago. Elle a surtout profité de l’occasion qui lui a été offerte pour remercier le Président Vlavonou qui a autorisé cet atelier.

 Les violences basées sur le genre une épidémie mondiale

« Bien que la violence basée sur le genre mette en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes, elle reste entourée d’une culture du silence. À l’échelle mondiale, la plupart des enquêtes sous-estiment la prévalence de ce fléau car les survivant(e)s ne dénoncent pas toujours la violence subie à cause de la peur, de la honte, du manque de services adéquats dans le cadre de la réponse, de la pression sociale etc », révèle un document du Parcpoge.

Selon une étude publiée par la Banque mondiale en 2018, plus d’un milliard de femmes ne bénéficient pas dune protection juridique contre les violences sexuelles conjugales ou intrafamiliales. Cette épidémie mondiale a des conséquences importantes et parfois dramatiques sur la santé mentale et physique des victimes. Elle a pour effet d’accroître l’absentéisme féminin au travail et de limiter la mobilité des femmes, ce qui réduit leur productivité et leurs revenus. En milieu scolaire, les violences favorisent l’abandon scolaire chez les filles, tandis que les femmes, privées de libre arbitre au sein du ménage, ne sont pas en mesure de recourir aux services dont elles ont besoin.

 

 VBG : des chiffres qui font peur

Pour appréhender l’importance de cet atelier autorité par le Président Louis G. Vlavonou et financé par le Pnud, il suffit de se référer aux chiffres disponibles dans le cadre des violences basées sur le genre (Vbg). « Au Bénin, une étude commanditée par le Ministère en charge des Affaires sociales en 2009 révèle que 69% de femmes ont déclaré avoir subi des violences au moins une fois dans leur vie. Le rapport d’activités des services d’écoute, entités chargées de l’accompagnement des survivant(e)s de Vbg au Ministère en charge des affaires sociales, révèle 16 756 cas de Vbg en 2018 contre 15 107 déclarés en 2017. Les Violences Basées sur le Genre constituent donc une réalité omniprésente dans nos communautés avec des implications négatives fortes au niveau individuel, familial et national. Or, l’élimination d’ici 2030 de toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles et de toutes les pratiques qui leur sont préjudiciables (comme le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et les mutilations génitales) figure parmi les cibles des Objectifs de développement durable adoptés par les Nations-Unies. Au-delà de leur valeur intrinsèque, ces deux cibles sont importantes du point de vue de la réduction de la pauvreté et de l’inclusion sociale ».

 « Cet atelier nous parle »

Dans le discours d’ouverture qu’il a prononcé au nom du Secrétaire général administratif de l’institution parlementaire, M. Clément Ebo a dit ceci : « Cet atelier nous parle parce que les deux pôles auxquels il renvoie, rencontrent deux vocations qui ont souvent polarisé le rêve de la société : l’animation et le plaidoyer ». Il a surtout exprimé la gratitude du Secrétaire général administratif aux partenaires et formateurs de cet atelier auquel il a exhorté les participantes à beaucoup d’attention et d’assiduité.

El-Hadj Affissou Anonrin

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