Les travaux de l’atelier de compte rendu du Plan national d’action contre les maladies virales du manioc au Bénin se sont déroulés le vendredi 16 juillet 2021 à Grand-Popo. Cette rencontre de haut niveau a permis de mobiliser les acteurs nationaux en vue de faire face aux menaces que constituent les maladies de la mosaïque et celle de la striure  qui affectent l’intensification de la production du manioc au Bénin.

La culture de manioc au Bénin a de beaux jours devant elle. En témoigne la tenue de l’atelier du vendredi dernier à Grand-Popo. En effet, l’apparition en Afrique de l’Est de la maladie de la striure brune du manioc qui s’est déjà propagée en Afrique Centrale est un danger pour la production du manioc sur le continent. Afin de limiter la propagation de ces maladies virales et contribuer à la sécurité alimentaire, le programme régional Wave (West African Virus Epidemiologyfor Root and Tuber crops) a été conçu. Lors de sa conférence internationale, tenue à Cotonou (Bénin) du 7 au 9 juin 2018, Wave a relevé l’absence et l’urgence d’un véritable plan national de prévention et de riposte contre les maladies virales des plantes à racines et tubercules dans plusieurs pays, dont notamment ceux du programme Wave. Pour combler ce déficit, ledit document a été élaboré par les services techniques des ministères en charge de l’Agriculture et ceux de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ce plan a été validé le 30 novembre 2018 à Grand-Popo, puis signé par le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche le 28 décembre 2018. La rencontre du vendredi dernier est donc organisée pour remobiliser les parties prenantes dans le but de les voir s’approprier ce plan d’action national contre les maladies virales du manioc au Bénin. Les participants à ce conclave étaient essentiellement des Enseignants-Chercheurs de différentes spécialités des Universités Nationales du Bénin, des chercheurs de différentes spécialités de l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (Inrab), ceux du Centre béninois de la recherche scientifique et de l’innovation (Cbrsi), des cadres des directions (Direction de la protection des végétaux (Dpv) du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, des représentants des organisations de la société civile (producteurs et productrices, multiplicateurs, transformateurs du manioc et Ong). L’atelier a offert aux uns et aux autres l’occasion de faire l’état des lieux de la recherche sur les maladies virales des plantes à racines et tubercules dont le manioc au Bénin ; de présenter les menaces qui pèsent sur la production du manioc et de passer revue l’importance de l’élaboration du Plan de riposte contre la maladie de la mosaïque et celle de la striure brune du manioc au Bénin.

Quatre (4) communications ont meublé cet atelier et portant, entre autres, sur «Menaces sur la production du manioc en Afrique et les initiatives de prévention et d’élimination des maladies virales prises par le Programme Wave». Ce thème était animé par Dr (Mc) Martine Zandjanakou-Tachin. Il était suivi des «Principaux travaux de recherche de Wave-Bénin dans la prévention et la lutte contre les maladies virales du manioc de 2014 à 2018 au Bénin ainsi que les initiatives en cours à Lcbvap» présenté par Dr Jérôme Anani Hounguè. La troisième communication conduite par Dr Serges Houedjissin a porté sur les «Principaux travaux de recherche de Wave-Bénin dans la prévention et la lutte contre les maladies virales du manioc de 2019 à 2021 au Bénin ainsi que les initiatives en cours à Lcbvap». La quatrième communication, enfin, projette une «Présentation du plan d’action national contre les maladies virales du manioc au Bénin». Elle a été développée par Dr Serges Houedjissin.

Une rencontre pour sauver la filière

Lors de la cérémonie qui a donné le coup d’envoi des travaux, Dr (Mc) Martine Zandjanakoun-Tachin a reprécisé les attentes de cette rencontre. Mais avant, elle a rappelé l’importance de la culture du manioc en tant que deuxième culture vivrière au Bénin et la menace que constituent les maladies virales pour sa production.  A son tour, le   Directeur pays Wave-Bénin, le Professeur Corneille Ahanhanzo est revenu sur les objectifs de l’atelier. Il a par la suite procédé à un rappel de tous les bailleurs (Fondation Bill et Melinda Gates, Union Européenne, … etc.) grâce à qui, Wave mène ses activités dans le cadre de la lutte implacable contre les maladies virales du manioc au Bénin. Ouvrant les travaux au nom du Recteur de  l’Université d’Abomey-Calavi, le Professeur Aliou Saidou, s’est  réjoui de la qualité des participants à cet atelier. Il a félicité le Prof Corneille Ahanhanzo pour la qualité de ses recherches et sa capacité à décrocher des financements. Pour finir, il a montré que le sujet est d’actualité  il rappelle l’importance de ce programme qui entend sauver la filière manioc, base de plusieurs dérivés alimentaires dont le «gari» très apprécié et, dont le prix est galopant sur le marché béninois actuellement. La rencontre de Grand-Popo a accouché de recommandations. A l’endroit de  Wave, il est demandé de trouver une ligne de modélisation dans la gestion durable du virus de la Mosaïque au Bénin ainsi que de présenter au Ministre de l’Agriculture un document de prolongation des activités de ce plan jusqu’en 2024.

Junior Fatongninougbo

Le présidium à l’ouverture des travaux de l’atelier

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